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Comme chaque année le meeting aérien est organisé autour d’un thème. En cette année de centenaire, il s’agissait de l’anniversaire de la traversée de la Méditerranée par Roland Garros. Et c’est donc bien naturellement que l’Amicale a mis sur le devant de la scène (et sur ses affiches) son exemplaire du Morane type H. C’est aux commandes d’un appareil de ce type que Roland Garros partit de Fréjus pour se poser à Bizerte, en Tunisie, après sept heures et demie de vol. Le grand public, consommateur ou témoin plus ou moins blasé du transport aérien actuel, a pu voir évoluer le Morane H dans le ciel de l’Essonne et ainsi prendre la mesure de l’exploit de Garros. Non seulement la technologie rassemblée en 1913 dans cet avion de bois et de toile était-elle déjà suffisamment fiable et performante pour envisager et réussir une telle expédition. Mais il faut prendre aussi en considération que l’événement eut lieu 4 ans seulement après la traversée de la Manche par Louis Blériot en 1909. Et six ans avant que la première traversée transatlantique sans escale par Alcock et Brown en 1919. Et après cela il faudra attendre 1927 pour que Charles Lindbergh franchisse l'Atlantique vers l'est. Il aura donc fallu à peine moins de vingt ans pour que la toute jeune aéronautique fasse tomber l’une après l’autre les symboliques barrières océaniques. Et en 1947, soit vingt après Lindbergh, c’est le mur du son qui sera franchi à son tour. Ces quelques repères historiques permettent d’appréhender à quel point la technologie a évolué en peu de temps. Certes, la Seconde Guerre mondiale n’a pas été étrangère à ce développement rapide, mais c’est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, c’est peut-être précisément en raison de bond technologique que l’aviation a été absorbée, voire diluée dans le quotidien de nos contemporains. D’ailleurs beaucoup ne lèvent même plus les yeux pour voir passer un avion ou un hélicoptère. L’Amicale Jean-Baptiste Salis est là pour nous rappeler que l’aviation de nos grands-parents (les miens naquirent vers 1910) franchissait alors ses premiers pas significatifs après la période des expérimentations. Finalement, il n’y a pas si longtemps que cela. Et pourtant que de chemin parcouru depuis ! Ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser ce passé sombrer dans l’oubli.

Cette année la météo n’était pas vraiment au rendez-vous. C’est ainsi ; on ne peut raisonnablement pas avoir du grand beau temps tous les ans. Et cette année particulièrement, la date de la Pentecôte arrive assez tôt alors que le printemps, lui, est plutôt tardif. La pluie s’est invitée samedi, occasionnant une adaptation du programme des vols. Dimanche, par contre, la prévision était meilleure, mais la pluie n’était pas exclue. Un petit matin nuageux et sombre laissait présager que nous n’échapperions pas non plus à quelques averses. En définitive, la journée fut simplement nuageuse, mais sèche. De beaux nuages gris de toutes nuances ont roulé dans le ciel, donnant un très bel écrin au spectacle aérien.

Depuis plusieurs années, le spectacle aérien débute vers 13h00. Ce qui laisse la matinée libre pour visiter le parking des avions ou reposent de somptueuses machines. En raison de ses dimensions, le Skyraider est particulièrement impressionnant à approcher de près, mais que dire du Spitfire ? Il n’y a que des superlatifs pour parler de cette icône aéronautique. Mais le parking recèle bien des bijoux, de l’avion de voltige au modeste avion de tourisme (mais millésimé) en passant par les toujours impressionnants warbirds. Bref, il y en a pour tous les goûts. D’ailleurs, bien que l’accès soit payant (5 euros, bien moins cher qu’une place de cinéma) cette formule rencontre chaque année un très vif succès auprès du public. La matinée permet également de voir évoluer les Junkers 52 et Antonov 2 qui procèdent aux vols de baptême de l’air (sur réservation). Parmi les nombreux stands installés près des hangars, les éditions Paquet proposaient les albums des talentueux dessinateurs publiés dans la célèbre collection Cockpit, mais également auteurs des couvertures du Fana de l'Aviation. Le public était convié à rencontrer au cours d'une sympathique séance de dédicaces Romain Hugault,(Le grand Duc,Le pilote à l'edelweiss,...) Michel Koeniguer (Bomb Road) et le peintre Lucio Perinotto dont deux Art Books ont été publiés par cet éditeur suisse. Était également présent Christophe Gibelin (Les ailes de Plomb), publié chez Delcourt.

Les grands moments de cette édition 2013 sont nombreux. On citera donc tout d’abord le passage des avions de l’Aéronautique navale (deux Rafale Marine, deux Super Étendard modernisés, un E-2C Hawkeye de guet aérien). La présence d’un des trois appareils de ce type en service au sein du groupe aérien embarqué du porte-avions Charles-de-Gaulle est déjà en soi un sorte de cerise sur le gâteau. Autre moment fort, le passage en formation d’un Dakota et d’un Boing 737 pour évoquer deux grandes figures du transport aérien. Petit bémol toutefois, en raison de la dimension des avions et de leurs performances différentes, la formation était plutôt lâche. Depuis le sol l’angle de vue trop large ne permettait pas d’immortaliser les deux appareils sur la même image. Mais peu importe, un spectacle pareil est unique et restera bien imprimé sur les rétines. Ensuite, comme une sorte d’OVNI, il nous a été donné e voir décoller un Broussard emportant sur son dos un autre avion : un Cri-Cri à moteurs électriques. Cet étonnant petit appareil peut tenir l’air pendant une vingtaine de minutes dans un silence presque complet. Un autre des points culminants du spectacle aérien est l’évocation de l’attaque de Pearl Harbor. Chaque année, la pyrotechnie et une noria de T-6 au son rageur sont d’un dynamisme à couper le souffle. Skyraider et Fennec en vol rasant feront une grosse impression également un peu plus tard dans la journée.

Mais La Ferté-Alais n’est pas que l’évocation du passé guerrier. C’est avant tout d’Aviation qu’il s’agit, avec la majuscule. Un moment de grâce et de poésie est produit par les arabesques de fumigènes tracées dans le ciel par le Sea Fury de Christophe Jacquard ou par un élégant ballet acrobatique en planeur, lui aussi équipé de fumigènes, mais évoluant dans un silence à peine troublé par le bruit du vent. Personnellement, il s’agit là d’un spectacle dont je ne me lasse pas. Cette année-ci, une première a été proposée au public, un numéro de danse synchronisée …en Extra 300 ! Ces véloces petits appareils voltigeaient en totale symbiose avec la musique. Étonnant, mais admirablement réussi ! Une grande leçon de pilotage et un grand plaisir pour les yeux.

Des instants uniques sont également offerts au public avec les démonstrations d’avions aussi rares que le P-47 ou le H-75 merveilleusement restaurés et présentés en vol par The Fighter Collection. Deux avions mythiques sont également présentés en duo par une célèbre marque de boissons énergétiques : le F-4U et le P-38. Ce dernier notamment, lustré à l’huile de coude est une machine resplendissante présentée dans une lumineuse livrée métal nu. Même sous un ciel gris, cet avion joue avec la lumière de façon incomparable. On évoquera presque obligatoirement un autre appareil de Christophe Jacquard, car autrement que serait un meeting d’avions anciens sans sa majesté Spitfire ? C’est un véritable luxe et un réel plaisir de pouvoir admirer aussi souvent les courbes harmonieuses de cet avion légendaire. Citons encore la présence de l'OV-10 Bronco de Montélimar dans une livrée désertique qui a sans doute un tantinet contribué à la météo plus clémente du dimanche. Enfin, signalons que la Patrouille de France fête cette année son 60e anniversaire et que c'est à La Ferté-Alais qu'a eu lieu sa première représentation publique de la saison.

Une fois encore, lorsque les moteurs se sont tus sur le plateau de Cerny, ce sont des spectateurs ravis qui sont rentrés chez eux avec encore des hélices dans les yeux et du vent dans les cheveux. Vivement l'an prochain !




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UN GRAND MERCI A MESDAMES DERENNE ET TAILLANDIER ET A L’ÉQUIPE DE PRESSE DU MEETING POUR LA QUALITÉ DE SON ACCUEIL.