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L’Air Traffic Control Centre (ATCC) est implanté à Semmerzake, sur la rive droite de l’Escaut. C’est là que se trouvent les installations radar proprement dites ainsi que les services de contrôle aérien et les services techniques. Non loin de là, à Gavere, se trouve la caserne abritant les services de maintenance et de sécurité, le parc de véhicules de l’unité ainsi que l’école des contrôleurs aériens qui a déménagé depuis Koksijde en 2001. Enfin, c’est à Munte qu’est située la station radio qui prend contact directement avec les aéronefs.

C’est en 1951 que le premier radar est déployé à Semmerzake. Il s’agissait alors d’une antenne radar mobile et les miltaires affectés à cette unité logeaient dans un camps de tentes. C’est l’année suivante que sont entamés les travaux d’infrastructures (bunker souterrain) pour la station radar et la caserne de Gavere. La station radar et la station radio sont mises en service dans le courant de l’année 1956. Quelques années plus tard, en 1963, une cellule de contrôle aérien est mise sur pied pour coordonner le trafic aérien en raison de son important accroissement tant dans le domaine militaire que civil. C’est également à cette période que l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas se prononcent conjointement pour l’installation d’un système d’échange automatique des données des radars panoramiques. Cette liaison de données s’inscrit dans le cadre du programme NADGE (NATO Air Defence Ground Environment) visant une réduction du délai de réaction grâce à l’automatisation du traitement des informations par des ordinateurs. Quelques années après, la dénomination de Belga Radar est officialisée et devient l’indicatif propre de la station, il est utilisé pour la première fois le 18 janvier 1967. La structure accueille désormais en son sein des contrôleurs aériens civils en provenance d’Eurocontrol pour faciliter davantage encore la coordination. L’automatisation de la station de Semmerzake interviendra en 1973 avec le système SEROS (Semmerzake Radar Operating System). En 1980 un tout nouveau radar le General Electric 952 plus performant est installé. Réellement tridimensionnel, il peut désormais déterminer précisément la distance, le cap et l’altitude de chacun des échos reçus. Mais le temps passe et la technologie évolue. C’est ainsi qu’en 1993, la Force aérienne prend la décision de moderniser la station par un nouveau dispositif (SEROS II) dans un tout nouveau bâtiment. En 1995, l’unité est rebaptisée ATCC-Semmerzake. C’est l’appellation que nous lui connaissons toujours actuellement. En 1999 débutent les travaux pour le bâtiment radar Marconi S723, en 2000 il est opérationnel et reçoit sa coupole en 2001. Le système SEROS II est mis en service en 2003 et devient pleinement opérationnel en 2004. A partir de 2007, les installations souterraines sont progressivement abandonnées et le personnel est alors réparti dans des locaux en surface à Gavere. L’achèvement en 2009 du nouveau bâtiment de Semmerzake met un terme à ce déménagement.

La mission de l’ATCC est multiple et est appelée à prendre encore de l’importance compte tenu de la croissance régulière du trafic aérien en Europe. En effet, on estime que le trafic aérien doublera encore au cours des vingt prochaines années. Pour donner une idée de la situation actuelle, on peut dire qu’il y a chaque mois 90.000 mouvements d’aéronefs civils dans le ciel belge. Notre espace aérien a le trafic le plus important d’Europe quand on considère le nombre de vols civils (2,9) par kilomètres carré, soit plus de trois fois plus qu’en Grande-Bretagne et sept fois plus qu’en France. N’oublions pas que la Belgique est également un carrefour important au niveau des voies aériennes. Quatre aéroports (Paris, Francfort, Londres et Amsterdam) situés dans des pays limitrophes font partie des plus importants aéroports européens. Dans un contexte aussi dense que celui-là, l’ATCC travaille conjointement avec Belgocontrol et Eurocontrol pour assurer la sécurité des vols au-dessus du territoire belge. L’ATCC a donc pour tâche de contrôler tous les départs et toutes les arrivées depuis et vers les aérodromes militaires belges d'avions au-dessus de 4500 pieds (± 1,5 km), mais également de contrôler tous les aéronefs qui transitent dans l'espace aérien réservé aux militaires (principalement au dessus de l’Ardenne, du Limbourg et du Westhoek) au-dessus de 4500 pieds. Les contrôleurs assurent la gestion de l’espace aérien belge et contrôlent tous les essais en vol, qu’ils soient militaires ou civils. L’ATCC planifie et coordonne les aérodromes de dégagement, il fournit des informations de vol à tous les avions qui le demandent et porte assistance aux avions en détresse. C’est d’ailleurs à l’ATCC qu’incombe la mission de coordonner et d’assurer en permanence le service de sauvetage et de recherche au-dessus des territoires belge et luxembourgeois. C’est lui aussi qui assure la coordination avec les organismes de contrôle civils et militaires des pays voisins. C’est l’ATCC qui fournit les informations aériennes militaires nationales (plans de vol et NOTAMs), mais il observe aussi les migrations des oiseaux et, en conséquence, diffuse des avertissements (BIRDTAMs) lorsque c’est nécessaire.

La journée portes ouvertes du 24 mai était malheureusement venteuse et pluvieuse, mais le public a répondu présent malgré le froid encore bien piquant, car la veille l’IRM avait observé la température (8,9°C) la plus froide enregistrée en Belgique depuis 1887 pour un 23 mai. Il faut dire aussi que, outre la découverte de l’impressionnante antenne radar sous sa coupole, différents stands présentaient diverses activités de la Défense ou liées à l’aéronautique. On pouvait voir des démonstrations de chiens entraînés à trouver des explosifs, des cibles télécommandées Ultima pour les missiles air-sol Mistral, une batterie de Mistral à laquelle le public était convié pour s’essayer à viser. Plus ludiques, des démonstrations d’hélicoptères radiocommandés ont montré que ces modèles réduits n’ont pas grand-chose à envier à leurs aînés. Malgré la météo maussade, des démonstrations en vol ont été possibles et ont recueilli l’intérêt du public. Marchetti, Alphajet, F-16 et Agusta étaient au rendez-vous et ont fait plusieurs passage près de la bulle blanche du radôme. Mais il y avait aussi une démonstration de sauvetage effectuée dans des conditions quasiment maritimes (sous l’averse) par un équipage et un Seaking de la 40e escadrille. Autre point fort de la journée : les deux démonstrations des unités spéciales de la police fédérale à partir d’un hélicoptère MD900 Explorer. Les policiers sont déposés par hélicoptère en rappel ou par corde lisse, avec leurs chiens maintenus par un harnais au cours de la descente. Mais si la situation l’exige, le chien peut également être déposé au sol alors que l’hélicoptère est encore en vol. Cela permet d’intercepter un suspect avant même que les policiers ne soient eux-mêmes arrivés au sol. Ces démonstrations montrent non seulement combien est efficace une équipe bien entraînée, mais aussi que les chiens apprécient les vols en hélicoptère. On signalera en outre la visite du Dauphin de la Marine française basé au Touquet pour y effectuer les mêmes missions de service public et de sauvetage que nos Seaking. D'autres intervenants civils ont aussi participé à la partie purement aérienne. C'est ainsi qu'on a pu voir évoluer les quatre appareils de la patrouille acrobatique The Victors, mais aussi un Pitts Special et un Yak-52. Le Service d'enlèvement des engins explosifs était présent avec un stand didactique, ainsi qu'une exposition d'anciens équipements de vol à l'intérieur de la tente FONAVIBEL.




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REMERCIEMENTS AU PERSONNEL DE L'ATCC ET A L’ÉQUIPE DE COMOPSAIR-IPR POUR LEUR ACCUEIL ET A MARC ARYS POUR LES PRISES DE VUES DE LA DÉMONSTRATION DE LA POLICE FÉDÉRALE.