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L'aérodrome de Belval est situé à l’ouest de Charleville dans un agréable paysage champêtre auquel il s’intègre parfaitement. Ouvert à l’aviation légère et à l’aviation d’affaire, la piste en dur de 1500 mètres de long est orientée est-ouest (11/29). Une station météo moderne complète les installations aéronautiques. L’aéroclub local baptisé « Les Ailes ardennaises » possède trois avions : un Cessna F150 ( F-GHJK), et deux Robin DR48 (F-GFXE et F-GKQJ). Une école de pilotage permet d’y obtenir les qualifications pour le brevet d’initiation aéronautique (BIA), le brevet de base (BB) et le brevet de pilote privé (PPL). Bien évidemment, l’aéroclub propose des baptêmes de l’air et des voyages. Le Cessna est l’avion consacré à l’écolage et les deux Robin sont quant à eux destinés aux voyages aériens. Signalons pour terminer qu’un hangar est réservé aux ULM et qu’un club de parachutisme est également actif sur la plate-forme.

L’histoire aéronautique du terrain de Belval, jusqu’alors dépendant de l’armée française, commence en 1923 avec la création de l’Aéro-club ardennais, une émanation de l’Automobile Club des Ardennes. Le tout premier appareil du club est un Caudron G3. Des travaux de nivellement de la plaine sont entrepris par l’armée en 1924 et, une fois tous les aménagements terminés, un premier grand meeting aérien est organisé pour célébrer l’inauguration de l’aérodrome. A cette date, le 29 juin 1924, le club compte déjà plus de deux cents adhérents. De 1936 à 1939 un autre club, Les Ailes Populaires Ardennaises, voit le jour et à actif depuis Belval. La déclaration de guerre en 1939 vient mettre un terme aux activités aériennes civiles, les installations étant utilisées par les groupes aériens d’observation 502 et 2/551 de l’Armée de l’air française. En mai 1940, les Allemands déferlent, surprennent les armées alliées en faisant traverser les Ardennes à leur troupes et leurs blindés. La Luftwaffe bombarde Belval et y détruit de nombreux avions. Pendant l’Occupation, la Luftwaffe y installe un centre de formation. A la Libération, les deux clubs préexistants sont fusionnés en une seule entité qui prend l’appellation des Ailes ardennaises et c’est sous cette dénomination, officialisée en 1946, que ce club est encore actif actuellement. L’activité aérienne civile reprend petit à petit et commence par de l’aéromodélisme, car la présence d’un dépôt militaire américain sur le terrain y interdit les activités aériennes classiques. Par la suite, les avions, les vrais cette fois, reviennent à Belval avec, notamment, un Bücker 181 de récupération cédé par l’Etat à l’aéroclub. Il sera remis en état de vol sur place. L’aéroclub poursuit son développement et les infrastructures sont progressivement modernisées. Ainsi, c’est en 1968 qu’est construite la piste en dur. D’une longueur de 800 mètres, elle est financée par la Chambre de commerce et d'industrie de Charleville, par ailleurs gestionnaire de l’aérodrome. Des dispositifs de guidage radio-électrique sont installés à Belval en 1984 et la piste sera allongée par deux fois, tout d’abord en 1977 où elle est portée à 1200 mètres, puis en 1995. Comme nous l’avons indiqué plus haut, la piste s’étend depuis lors sur un kilomètre et demi.

Plus récemment, en 2008 et 2009, l’aérodrome occupe le devant de l’actualité politique de la région. Certains, n’y voyant qu’un terrain de jeux pour quelques copains oisifs veulent la fermeture pure et simple. D’ailleurs, l’aérodrome se trouve sur le projet de tracé de l’A304 qui prolongerait l’A34 vers l’ouest de Charleville en direction de Rocroi. Les réactions sont nombreuses, de la part de la municipalité de Belval qui ne veut pas de cette autoroute en bordure du village, mais aussi de la part de l’ l'association Sports Aéro-Loisirs, de l’aéroclub et des usager de l’aérodrome. Celui-ci est une plus-value à la fois pour le développement de Charleville, mais aussi pour la région dans son ensemble tant d’un point de vue économique que touristique, mais aussi sur le plan sanitaire et de la sécurité. La fermeture de l’aérodrome ne ferait qu’enclaver davantage ces régions frontalières. A l’heure actuelle l’A304 n’a toujours pas été construite et l’aérodrome a vu se développer les activités liées au tourisme aérien.

Le dimanche 7 juillet 2013, une journée portes ouvertes était organisée sur l’aérodrome de Belval. Des baptêmes de l’air étaient prévus, de même que des sauts en parachute. A défaut d’un véritable meeting aérien, des avions visiteurs étaient néanmoins attendus. Le beau temps était également programmé. Bref, les conditions idéales étaient réunies pour aller visiter l’endroit. Hélas, trois fois hélas, n’étant pas libre le dimanche en question, je me suis rendu sur place la veille du grand jour. Les préparatifs étaient en cours. Il y avait peu d’avions en dehors de ceux basés sur place, mais ils ont fait plusieurs sorties et j’ai pu admirer à deux reprise le saut de trois parachutistes. A chacun des sauts, l’un d’eux emportait un novice à baptiser dans un harnais en tandem et lui faisait profiter du paysage au cours d’une descente paisible. Pendant ce temps, les deux autres comparses tourbillonnaient plus rapidement et venaient se poser avec précision derrière le hangar des ULM. Bref, ce fut une belle après-midi aéronautique sur laquelle planait un joyeux parfum de vacances.

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UN GRAND MERCI AUX MEMBRES DE L’AEROCLUB « LES AILES ARDENNAISES » POUR LEUR ACCUEIL AMICAL.