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Agé de 45 ans, Michael Happé a fait des études d’agronomie, dans la spécialisation Eaux et Forêts à l’Université catholique de Louvain et a obtenu son diplôme en 1997. Comme pour beaucoup, son activité professionnelle est finalement assez éloignée du cadre strict de sa formation, puisqu’il est informaticien indépendant spécialiste de la gestion de réseaux. On l’aura compris, il a l’esprit ouvert sur les sciences, et il est en outre passionné par l’espace, l’astronautique et l’astronomie. Mais l’horlogerie est la passion qui surmonte toutes les autres. Très tôt intéressé par les montres, il en a démonté et remonté pour en connaître le mécanisme. Désormais, il en fabrique et les vend sous sa propre marque.

C’est un projet de longue date qui a pu enfin se concrétiser il y a trois ans. Avec un associé, professionnellement actif depuis quinze ans dans le domaine des montres, il a décidé de franchir le pas. Son associé a ainsi mis sur le marché la marque Techné, tandis que Michael Happé créait la marque Gavox. Ce nom provient de la contraction de Galaxy Vox, un nom qui s’imposait naturellement pour Michael Happé, passionné par l’espace. Très rapidement, il se tourne vers la réalisation de montres aéronautiques, un des créneaux spécifiques pour ce type de produit. Ce domaine est loin d’être étranger à Michael Happé, puisqu’il a fait du parapente, du planeur et volé en solo sur Cessna, accumulant une quarantaine d’heures de vol au cours d’une formation.

On peut même se demander s’il pouvait en être autrement lorsqu’on sait que, dans la branche américaine de sa famille, on trouve un certain Terry Brandt. C’est le cousin de sa mère, mais aussi le fondateur du Western Antique Aeroplane and Automobile Museum (WAAAM), à Hood River dans l’Orégon. Terry apprit à piloter dès l’âge de douze ans, acheta son premier avion à l’âge de 19 ans et devint un enthousiaste collectionneur d’avions anciens. En 2006, plutôt que de la disperser, il choisit de faire don de sa collection au WAAAM afin d’en préserver l’intégrité et d’en faire profiter le plus grand nombre. Le WAAAM peut en effet s’enorgueillir d’être un musée vivant où les avions sont en état de vol. Il y a quelques années, le musée procéda à la restauration d’un Curtiss JN-4D Jenny de 1917 acquis par Terry Brandt. Cet avion, conservé pendant des décennies dans une grange, n’avait pas trop souffert du temps. Nonante-cinq pour cent du bois de la structure a pu être conservé. La restauration aboutit à une remise en état de vol complète. Et le 17 mai 2008, le Jenny vola à nouveau, après un sommeil qui avait duré quatre-vingt-huit ans. Passionné par le vol à voile, le père de Terry, Dick Brandt inventa les winglets et en dota son planeur Nimbus dans les années 1980. On ne sera pas surpris d’apprendre que tous ses enfants sont pilotes.

L’histoire familiale et aéronautique se sont croisées et ont donné assez naturellement naissance à une gamme de montres baptisée « Curtiss P-40 ». Pourquoi donc donner un nom d’avion à ces montres ? Cela remonte à la Seconde Guerre mondiale, lorsque Melvin « Woody » Woodward, le grand-père maternel de Michael Happé, s’engagea dans l’US Navy. Mais l’histoire rebondit, car cet aïeul américain démissionna ensuite de la Navy pour aller combattre les forces de l’Axe depuis la Chine.

En effet, les Etats-Unis, qui ne voulaient pas se dédire de leur politique de neutralité, avaient finalement répondu aux appels à l’aide de la Chine. C’est ainsi que, depuis 1940 et tout à fait officieusement, une unité aérienne était progressivement mise sur pied sur le territoire chinois. Composée de trois cents hommes (soldats volontaires, aventuriers voire mercenaires), cette unité hétérogène était équipée de Curtiss P-40 Warhawk acheminés sous le couvert de la loi Prêt-Bail (Lend-Lease). Elle fut placée sous le commandement de Claire Lee Chennault, un officier Américain qui, ayant démissionné de l’U.S. Army Air Force, était depuis juin 1937, le conseiller à l'aviation de Tchang Kaï-Chek. A partir de 1941, ce groupe prit la dénomination d’American Volunteer Group. Il alla combattre les forces japonaises depuis la Chine et la Birmanie entre 1941 et juillet 1942, date à laquelle il fut dissout et incorporé, officiellement cette fois, à l’U.S. Army Air Force. Cette unité très particulière entra dans l’histoire sous le nom fameux des Tigres volants.

« Woody » intégra donc ce groupe et y servit en tant qu’instructeur au sol et chef mécanicien. Il fut un des premiers à peindre des dents de requins sur les P-40 de l’unité après avoir appris que le requin tigre était tout particulièrement craint par les Japonais. Chennault donna son accord et bientôt tous les P-40 du groupe furent ornés de ces impressionnantes mâchoires de squale. Melvin avait le sens de la mécanique, mais était également très ingénieux. De retour aux Etats-Unis après la guerre, il travailla comme trouble shooter pour Curtiss Wright sur les porte-avions. La montre Gavox « Curtiss P-40 », dans ses diverses déclinaisons, est donc un hommage a ce grand-père Flying Tiger. D’ailleurs, Michael Happé s’est inspiré du design des instruments de bord du P-40 pour dessiner ses modèles.

Mais l’esprit créatif de Michael Happé n’en reste pas là. Un de ses amis, Albert « Albert » Passagez, ancien instructeur sur Alphajet et pilote de F-16 au sein de la Force aérienne belge, lui a donné l’occasion de rencontrer des pilotes militaires. De ces rencontres d’abord informelles naquit un véritable projet qui est maintenant sur le point d’aboutir. Il s’agit d’une toute nouvelle montre : la Gavox « Squadron », conçue avec la complicité de la 350e escadrille « Ambiorix » basée à Florennes. Développée selon des critères spécifiques aux montres d’aviation, elle sera munie d’un verre saphir spécial traité anti-reflets et anti-poussières et aura un contraste important entre le fond, les chiffres et les aiguilles. Ces derniers seront luminescents. Toutes ces caractéristiques rendront cette montre parfaitement lisible, de jour comme de nuit, dans l’environnement très contrasté d’un cockpit. Signalons encore que la montre sera étanche jusqu’à cent mètres de profondeur. La « Squadron » sera réalisée en métal noir PVD, équipée d’un mécanisme suisse Ronda fabriqué en Asie. Elle sera la première Gavox équipée d’un bracelet métallique. Le fond de la montre sera orné du célèbre losange jaune du badge de qualification Combat Ready des pilotes de la 350e escadrille. Il s’agit d’une série limitée, puisqu’on parle d’une quarantaine de pièces réservées aux pilotes de l’unité.

Dans la foulée, des contacts ont été pris avec le 15e Wing de Transport de Melsbroek et un partenariat semblable a vu le jour, permettant à Michael Happé de décliner la Gavox « Squadron » aux couleurs du Wing. La montre sera ici ornée de la tête de sioux aux couleurs des escadrilles et du mot « Tenacity », la devise de l’unité. Il y aura cinq modèles différents, puisqu’on trouvera au dos des montres la silhouette finement gravée de C-130, d’Embraer, de Falcon 20, de Falcon 900 ou d’Airbus A330. Chacun de ces modèles sera produit à une quinzaine d’exemplaires, eux aussi réservés aux pilotes du 15e Wing.

Précisons que la Gavox « Squadron » sera également produite en une seconde série qui sera proposée au public, mais dépourvue de tout emblème. Le prix de vente, qui n’est pas encore définitivement fixé, devrait être inférieur à 400 euros.

La réalisation d’une montre est un projet qui s’étale entre neuf mois et un an. Boîtiers, cadrans, aiguilles, etc sont redessinés pour chaque nouveau modèle. Une fois qu’une idée est définie et précisée, on passe à la réalisation d’un prototype. Celui-ci est ensuite modifié ou corrigé. Un nouveau prototype peut être fabriqué. Les mécanismes viennent principalement du Japon ou de Suisse, de même que les aiguilles. Les bracelets proviennent d’Inde ou de Chine, les cadrans viennent de Taiwan, les boîtiers de Chine ou de Hong-Kong et c’est à Hong-Kong que se fait l’assemblage final. Il faut vérifier scrupuleusement la qualité et les réglages du dernier prototype avant de lancer la fabrication en série et la commercialisation. La pose et le calibrage précis du rotor, ainsi que le réglage de l’heure sont réalisés en Belgique.

La fabrication de montres est le second métier de Michael Happé, mais il y vise un très haut niveau de qualité. Ce qu’il réussit d’ailleurs avec brio. Ses créations originales sont des modèles très différents, à l’esthétique sobre et variée. Nous parlons tout naturellement ici des modèles inspirés par l’aviation, mais il faut savoir qu’il existe également une autre gamme dont le design se rapporte au monde de la marine et au yachting. On citera notamment la superbe « Legacy » et on évoquera l’ambitieux projet « Aurora » à découvrir sur le site internet. Les montres Gavox ne sont peut-être pas les plus chères du marché (et on s’en réjouit), mais elles sont conçues et réalisées avec grand soin. Ce créateur belge, installé près de Wavre, propose des montres fabriquées en séries limitées, misant davantage sur l’exception que sur le prix, avec l’excellence comme ligne de conduite.

Nowadays, Michael Happé is 45 years old. Since 1997, he is graduated in Agronomy and specialized in Water and Forestry at the Catholic University of Louvain. Like a lot of people, his work is quite different from what he had studied. Indeed, he works as an independent network computer specialist. We could say of him that he is open-minded about sciences and has many subjects of interest like space, astronomy and astronautics. However, his passion of heart is the watch making. Very fast, in order to understand the watch mechanism, he has unsettled and had raised many watches since a long time.

Three years before now, his life project took place. With a partner who was already working in the watch field for fifteen years, Michael Happé decided to go for it either. The two produced two kinds of watch. The partner created the Techné brand and Michael did the Gavox watch. The brand name comes from the overall of two names : “Galaxy Vox”. As you can see, the name isn’t surprising for a space passionate. Because the air world wasn’t unknown for him, he decided to jump at the opportunity to create aeronautical watches. Indeed, he has already done some paragliding, some glider and has flown alone on Cessna during a schooling in which he did 40 hours.

We could not think about a better way for him regarding his American family branch. The cousin of his mother is none other than Terry Brandt. This last one was the founder of the Western Antique Aeroplane and Automobile Museum (WAAAM), located in Hood River, Oregon. At the age of twelve, Terry learnt how to fly and bought his first plane when he was nineteen years old. Also, he has become an enthusiastic collector of ancient planes. Rather than to scatter his collection to the left and to the right, he donated it to the WAAAM so everyone could see it and enjoy it. This museum is really proud to present planes which can still fly at our time. A past couple of years, it did the Curtiss JN-4D Jenny restoration which Terry Brandt bought in 1917. For decades, this plane stayed in a barn and didn’t suffer too much of the weather conditions. Therefore, ninety five percent of the wood structure has been preserved. The restoration done on this plane allowed it to fly again. After a sleep of eighty eight years, the Jenny did a fly on May 17 2008. Terry’s father, Dick Brandt, was passionate by the gliding. Thus, he created the « winglets » and put them on his Nimbus in 1980. He won several American competitions with this glider. As a result, we will not be surprised to hear that all of his children are pilots.

The family history and the aeronautics history crossed the path of one another and gave birth to a watch named “Curtiss P-40”. Although, why an aircraft name has been given? To understand it, we have to go back to World War II. At that time, Michael Happé maternal grandfather, Melvin “Woody” Woodward made a commitment in the US Navy. However, he resigned the US Navy to fight the Axis from China.

At first, the United States did not want to be involved in the war. So, it tried to keep a neutral position for long before answering China’s calls for help. At that point, in 1940 and not in an official way, an air unit came to the Chinese territory. This unit was composed of 300 men (volonteer soldiers, adventurers and mercenary). The unit aircrafts were the Curtiss P-40 Warhawk. These last ones were brought under the cover of Lend-Lease rule. The air unit was commanded by Claire Lee Chennault. This American officer left the U.S. Army and was the aviation counselor for Tchang Kaï-Check since June 1937. From 1941, the name of the unit has changed for American Volonteer Group. Between August 1941 and July 1942, this group fought against the Japanese forces from China and Burma. Since that date, the group has been dissolved and it is now part of the U.S Army Air Force. This unit entered the history books as the “Flying Tigers”.

“Woody” was part of this group. His work was to be a chief instructor on the ground but he was also an engineering officer. He was one of the first to paint the shark teeth on the P-40 unit. You are surely wondering, why they painted shark teeth? The reason is simple. The Japanese were afraid of the tiger shark. As a result, Chennault agreed for the shark teeth paintings. About Melvin, we could say that he had a mechanical sense and was ingenious. After the War, he came back from the States and started to work for Curtiss Wright as a trouble shooter on flight tankers. In order to create the Gavox “Curtiss P-40” watch, Michael Happé was inspired by the P-40’s onboard instrumentation. We could conclude this paragraph by saying that this watch was done in memory of his grandfather, a flying tiger.

At that point, Michael’s imagination is not ready to stop yet. By one of his friends, he met military pilots. His friend is none other than Albert “Albert” Passagez. This last named one was an Alphajet instructor and a F-16 pilot inside the Belgian Air Force. By meeting the pilots, a new project came into Michael’s head : the Gavox “Squadron” watch. Nowadays, this project is ready to succeed with the help of the 350th Squadron known as “Ambiorix” which is based in Florennes. To become a pilot’s watch, the Squadron must answer to some aviation criteria. So, first of all, the watch has a sapphire glass which is treated for anti reflection and anti dust. Also, the contrast is important between the bottom, the numbers and the needles which are luminescent. The fact that it is an easy readable watch either during the day or the night makes it an important aspect when we know the cockpit environment. As a fact, this last one can be really contrasted. Moreover, the Squadron watch tights up to 100 meters deep. It is done with black iron PVD and with a Ronda Switzerland mechanism in Asia. This watch breaks new ground in the Gavox trend by the fact that it is going to be the first one supplied by a metallic bracelet. On the bottom of it, you will be able to see the yellow lozenge, representing de patch of the Combat Ready Qualification from the pilots of the 350th Squadron. The number will be limited. Forty of this watch have been already booked by the same Squadron.

There is not only the 350th Squadron of Florennes which is concerned by the watch but also the 15th Wing of Transport located in Melsbroek. This time, you will not find the sign of the Combat Ready Qualification but the Sioux’s head with the Squadron colours and its device which is “tenacity”. It will be five different models concerning this watch. In these five models, you will find out either a C-130, an Embraer, a Falcon 20, a Flacon 900 or an Airbus A 330. These will be represented by their silhouette at the back of the watch. Fifteen watches of each model will be created and they are only for the pilots.

The public will also have its Squadron watch. As you can suppose, there will be no emblem. The sale price isn’t sure yet but it would probably be less than 400 Euros.

The watch creation usually takes between 9 months and one year. Each new model has its own case, its proper dial and needles. Once the idea is clear, a prototype is made. Once this one has underwent some modifications or corrections, another one can be created. Having a look at the final product, we could say that it is international. As a matter of facts, the mechanisms used usually come from Japan and Switzerland as the needles. Regarding the bracelets, they come from India or China. The dials are made in Taïwan. For the cases, it’s either China or Hong-Kong. By the way, it is in Hong-Kong where the final product will be made.

During the final assembly, checks and scrupulous quality tests are highly present. As for the last version of the prototype, the settings owe to be confirmed before starting the mass production and its marketing. The pose, the right grading of the rotor and the time adjustment will be done in Belgium.

Creating watches isn’t Michael Happé first job but his second one. However, it doesn’t stop him to aim for high quality watches. He has well succeeded. By his imagination, Michael offers us many models which are different from one another but always with a sober and varied aesthetics. In this article, we mainly talk about the aviation ones. Yet, he has made others watches for the Navy and for the Yachting as the gorgeous “Legacy” watch. There is another ambitious project that you can discover on his website under the name of “Aurora”. Lucky for us, the Gavox watches are not the most expensive ones on the market. They are conceived and realised with big care. Michael puts more on the rarity of the watch than on its price. One final word we would like to say about this talented Belgian creator who lives near Waver, is that the excellence is his line of conduct by proposing limited watches.







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WWW.GAVOX.COM

WWW.TIME2GIVE.BE



Plus d'informations sur le Western Antique Aeroplane and Automobile Museum :
For more informations about Western Antique Aeroplane and Automobile Museum :


WWW.WAAAMUSEUM.ORG




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English translation by
Barbara DUFRANE


les images GAVOX sont présentées
avec l’aimable autorisation de Michael Happé



REMERCIEMENTS A MICHAEL HAPPE D’AVOIR ACCEPTE CET ENTRETIEN ET POUR LES PHOTOS DES MONTRES GAVOX.