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Dix heures du matin, la base aérienne de Beauvechain est plus animée qu’à l’accoutumée. Des bus militaires font la navette depuis les gares environnantes et amènent sur place un public de jeunes hommes et femmes âgés de seize à vingt-six ans. Ils viennent prendre connaissance des divers métiers et fonctions exercées au sein de la Composante Air. On se souvient qu’il y a quelques années, au mois de mai 2009, le colonel Luc Gennart, alors commandant de la base aérienne de Florennes, avait organisé une journée similaire intitulée « Un avion, septante métiers ». La donne n’a pas changé, il y a toujours un très grand nombre de spécialités à mettre en œuvre pour, au bout du compte, pouvoir faire décoller un avion. C’est aujourd’hui la sixième édition de la formule « Fly To Your Dream » orientée vers la promotion et le recrutement.

DÉROULEMENT DE LA JOURNÉE

Situé à l’est de la base, dans les hangarettes qui abritaient jadis les F-16 du 1er Wing de chasse tout temps placés en alerte QRA, le « village Fly To Your Dream » accueille les jeunes. Il y avait trois cents cinquante inscrits, soit une belle progression par rapport à l’édition de 2013, mais sans doute le congé de carnaval a-t-il empêché certains de se rendre à Beauvechain. Quoi qu’il en soit, les jeunes qui ont fait le déplacement n’auront pas perdu leur journée. Une fois sur place, ils reçoivent de la documentation, mais ils peuvent aussi prendre contact directement avec des militaires d’active, qu’il s’agisse d’élèves pilotes ou de pilotes expérimentés, de sous-officiers ou d’officiers, techniciens et spécialistes. Tous sont disponibles pour répondre à leurs nombreuses et diverses questions. Les jeunes peuvent aussi s’installer à bord d’un Marchetti ou d’un F-16 et prendre très concrètement contact avec le métier le plus emblématique : celui de pilote. Pas moins de vingt-et-un pilotes seront recrutés en 2014. Mais d’autres spécialistes sont présents aussi, notamment les contrôleurs aériens du Control and Reporting Center de Glons, les équipages du 80 UAV de Florennes et un drône B-Hunter, les équipementiers de la Survie, les démineurs, les pompiers, les techniciens de Safraanberg, etc, mais aussi les ambassadeurs que sont les équipages de démonstration tels que la patrouille acrobatique Red Devils, ou les F-16 et A109 Solo Display Teams. Le simulateur de vol et l’aérotrim sont deux activités qui ont également eu beaucoup de succès. Les stands de l’Ecole royale militaire et de la Défense présentent les diverses possibilités d’études et de carrière pour les métiers militaires.

Entre les hangars sont exposés au sol deux SF-260M Marchetti (ST-45 et le ST-15 des Red Devils), un Alpha-Jet (AT-17), deux F-16 (la cellule du FA-05 et le FA-72 opérationnel et armé d’un panel de munitions d’exercice), deux Agusta A109, l’un en version anti-tank (H-36) et l’autre en version Medevac (H-26), mais aussi, un Embraer ERJ-135 (CE-02), une Alouette III (M-3) et un des deux premiers hélicoptères NH-90 de transport tactique (TTH) livrés à la Défense. Le NH-90 était présenté a un public civil pour la toute première fois et a suscité beaucoup d’intérêt. Le premier NH-90 belge (RN-05) est arrivé à Beauvechain le 2 octobre 2013. L’appareil exposé est le RN-06, c’est le deuxième appareil à avoir été livré. Il est actuellement dépourvu de treuil, de capteurs d’autodéfense et des éjecteurs de leurres. La machine était exposée configurée en version transport de personnels. La vaste porte cargo s’ouvre à l’arrière, comme sur le C-130. Il peut emporter du carburant pour une autonomie de quatre heures de vol et peut voler jusqu'à une altitude de vingt mille pieds. Très robuste, il peut encaisser des atterrissages avec une vitesse verticale de l'ordre de six cents pieds par minutes. Le second NH-90 TTH présent actuellement à Beauvechain (RN-05) a fait une démonstration en vol dans le courant de l’après-midi.

Des présentations en vol ont également eu lieu avec le saut de parachutistes depuis un A109, le passage des quatre Marchetti des Red Devils, des survols par des F-16 de Florennes et de Kleine-Brogel qui simulaient des passes d’attaque du site à partir du sud-est, guidés par un contrôleur aérien avancé qui donnait ses instructions aux pilotes depuis le sol. Il travaillait sous le regard attentif des jeunes qui prenaient ainsi directement contact avec une importante facette du travail aérien : la coopération avec les autres forces. Parmi les jeunes, d’heureux élus tirés au sort on pu bénéficier d’un baptême de l’air en Embraer ERJ-145 (CE-04) ou en A109 (H-45). Nul doute que de telles opportunités renforceront des vocations. Vers dix-sept heures, les participants avaient quitté la base, munis de nombreuses informations et peut-être avec déjà une perspective pour leur avenir et certainement avec le souvenir d'une journée riche et intéressante.

LES BESOINS DE LA DÉFENSE EN PERSONNEL

Une telle journée de promotion et de recrutement est actuellement indispensable. La Défense belge doit remplir de nombreuses missions et celles-ci ne sont pas limitées à la seule aide à la société civile ni cantonnées au seul territoire national. L’actualité récente l’a encore démontré avec l’envoi d'un C-130H du 15e Wing en République Centrafricaine pour effectuer du transport de matériel entre Libreville et Bangui. Cet appareil a effectué sa première mission dans le cadre de l'opération française « Sangaris » le 21 janvier 2014. La Belgique est donc active au sein de l’Union européenne, des Nations unies ou de l’OTAN, et prend part à de nombreuses missions internationales. Cela n’est possible qu’avec du personnel qualifié, compétent et bien entraîné. Depuis la fin de la Guerre froide, les pays européens ont progressivement réduit le format de leurs forces armées. La Belgique n’a pas échappé à la règle. A l’horizon 2015, les effectifs de l’armée belge seront de trente mille militaires que complèteront deux mille employés civils. Face à la pyramide des âges actuelle (papy boom) et les nombreux départs à la pension qui en découlent, la Défense doit recruter des jeunes motivés, prêts à suivre une formation exigeante, afin de maintenir le bon fonctionnement opérationnel de ses unités. En 2013, près de mille sept cents poste étaient vacants pour des fonctions purement militaires, ce qui place la Défense parmi les plus grands recruteurs du pays. Ce fut une année record avec une augmentation de onze pour cents de postulants par rapport aux chiffres de 2012. En 2014, ce sont pas moins de mille quatre cents places qui sont à pourvoir, soit cent quatre-vingts officiers, cinq cents vingt-cinq sous-officiers et six cents nonante-cinq soldats ou matelots.

LES DIFFÉRENTES FORMES DE RECRUTEMENT

Chaque année, ce sont pas moins de huit mille jeunes posent leur candidature pour un emploi au sein de la Défense. Comme dans les autres secteurs d’activité, une sélection doit être faite, car cela signifie qu’il y a en moyenne six candidats par poste vacant. Certaines fonctions (ingénieurs, médecins ou techniciens) sont plus difficiles à pourvoir, mais c’est le reflet du marché de l’emploi actuel, car ce type de qualification est également activement recherché dans le secteur privé. D’ailleurs, la Défense compense son manque d’effectifs propres en termes de personnel médical et paramédical en se tournant vers le secteur civil. Des prestataires de soins sont alors engagés comme indépendants pour une durée déterminée. Nous avons indiqué que la journée Fly To Your Dream accueillait aussi les jeunes femmes. Et pour cause : en 2014, cinq cent soixante places leur sont proposées. Elles représentent un dixième du nombre de postulants et la Défense prévoit la création de davantage de fonctions accessibles aux femmes dans des secteurs comme la logistique, les transmissions et le médical.

Le recrutement est possible par plusieurs voies. Lors de leur formation au sein des centres de formation de la Défense, les candidats sont rémunérés par l’octroi d’une solde. En ce qui concerne les officiers de niveau A (master), il est possible de suivre les études de niveau universitaire dispensées par l’Ecole Royale Militaire (ERM) et l’Ecole Supérieure de Navigation d’Anvers (ESNA). En 2014, cent dix-huit places sont à pourvoir sur base de ce type de recrutement.

Les officiers du cadre auxiliaire (niveau B) pour les fonctions de pilote ou de contrôleur aérien suivront une formation limitée (baccalauréat) au sein de l’ERM et seront incorporés pour une durée déterminée de treize ans. Ils pourront passer ensuite à un engagement à durée indéterminée moyennant la réussite d’examens complémentaires. Dix-sept places sont à pourvoir.

Les officiers de niveau A dans des fonctions généralistes (toutes orientations) ou de spécialistes (ingénieurs, psychologues, juristes, chimistes, médecins, kinésithérapeutes,…) peuvent également être recrutés sur base du diplôme obtenu dans les universités ou écoles supérieures. Vingt-neuf places sont vacantes en 2014.

Onze places sont également proposées au recrutement complémentaire (niveau A) en cours d’études. Cela s’adresse aux jeunes qui ont déjà réussi une, deux ou trois années dans l’enseignement supérieur ou universitaire et désireux de poursuivre leurs études comme militaire. Ils reçoivent alors une formation militaire rémunérée lors des périodes de congé scolaire.

Quant au recrutement des sous-officiers, il est ouvert aux jeunes titulaires du certificat de l’enseignement secondaire supérieur (niveau C) pour des fonctions techniques ou toutes armes. Cinq cents quinze place de sous-officiers sont à pourvoir en 2014, dont trente-huit pour des titulaires d’un diplôme de bachelier. Pour les soldats et les matelots, le minimum requis est le certificat de l’enseignement de base. Cinq cents quatre-vingts places sont vacantes et ce dans une trentaine de fonctions différentes au sein des quatre Composantes. C’est la Composante Terre qui requiert le plus grand nombre de soldats avec quatre cents quarante-cinq postes à pourvoir en 2014.

Enfin, signalons l’engagement volontaire militaire (EMVI) pour ceux qui souhaitent exercer une carrière militaire de courte durée. Comme il n’y a pas d’exigence de diplôme pour les fonction de soldat ou de matelot, l’engagement se fait selon la date d’inscription et moyennant la réussite des tests de sélection. Cent trente places pour ce type de contrats sont à pourvoir.

Terminons par la Réserve où nonante-deux places de spécialistes (médecins,infirmiers, traducteurs, juristes, etc) sont vacantes. Une formation militaire de base de quatre semaines est organisée en juillet, tandis que la formation spécialisée de quatre semaines également est dispensée au sein de l’unité choisie. Un réserviste sera appelé à prester au minimum sept jours par an selon les besoins de la Défense et selon ses propres disponibilités.



Pour davantage d’informations sur les métiers militaires, on signalera les rendez-vous suivants :

16 mars 2014 - Journée portes ouvertes à l’Ecole Royale Militaire à Bruxelles

19 mars 2014 - Centre d'information spécialisé Air à Beauvechain

23 mars 2014 - Open Campus Day Ecole Royale des Sous-Officiers à Saffraanberg

26 mars 2014 - Journées découvertes à l'Ecole Royale Militaire à Bruxelles

02 avril 2014 - Journée découverte à l'Ecole Royale des Sous-Officiers à Saffraanberg

09 avril 2014 - Centre d'information spécialisé Air pilote à Beauvechain

10 avril 2014 - Jobday Défense et technique à Vilvoorde


Toutes les informations pratiques sont sur le site de la Défense sur la page www.mil.be/fr/emploi


D'autre part, nous signalerons aussi que vient de sortir en kiosque un numéro hors-série du magazine francais "VOLEZ !" entièrement consacré aux métiers de l'aviation civile et militaire ainsi que de l'industrie aéronautique.

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REMERCIEMENTS A DG COMM ET A COMOPSAIR IPR POUR L’ACCÈS A L’ÉVENEMENT ET NOTAMMENT A L’ADJUDANT-CHEF PHILIPPE VAN HUYCK ET L'ADJUDANT JOZEF VANDEN BROECK, POUR LA QUALITÉ DE L’ACCUEIL SUR LA BASE DE BEAUVECHAIN.