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Vivre un meeting aérien est une expérience souvent exaltante. Avoir l’occasion de la vivre de l’intérieur est déjà plus rare. C’est ce qui nous a été proposé par le service presse du meeting, dirigé par le commandant Hautchamp, responsable et commandant le Centre d'Instruction et d'Information des Réserves de l'Armée de l'Air (CIIRAA) de la base de Nancy-Ochey.

Nous sommes le dimanche 6 juillet, c’est le second jour de l’airshow. Il est 12h30. Le sergent Valentin Aringhieri, jeune mécanicien cellule sur Mirage 2000D et accompagnateur de presse pour la durée de l’évènement, nous demande si nous serions intéressés d’assister au briefing de la Patrouille de France (PAF). La réponse est évidente et fuse directement, positive, unanime et enthousiaste . Le rendez-vous est pris pour 14h20 près du statique. Ainsi fut fait. 14h30. Nous rejoignons notre guide qui nous attend, entouré de trois collègues, tous mécaniciens et en mission d’accompagnement de la presse. S’étant libérés, ils souhaitent également assister au briefing. Nous entrons alors dans le bâtiment de l’escadron de chasse 2/3 Champagne. Un silence respectueux s’abat sur notre petit groupe. Nous montons à l’étage, le regard attiré par les nombreux souvenirs des guerres, des missions de combat et des diverses opérations extérieures (OPEX) menées par plusieurs générations de pilotes. Impressionnés par l’histoire qui nous entoure, nous en oublions même de fixer l’instant en photos. Un couloir, une porte sur laquelle s’étale une affichette : « PAF - Briefing en cours - Ne pas déranger ! » Une ombre de déception passe sur nos visages. Serions-nous en retard ? Nos sergents mécaniciens se renseignent. Nous sommes en avance. Ouf !

En attendant l’ouverture de la porte, une autre s’ouvre. Un capitaine s’avance et prélève dans une armoire des bouteilles de champagne étiquetées aux armes des trois escadrons de la base. Au vu de notre mine intriguée, il nous signale qu’elles sont disponibles à la vente. Nous profitons de l’aubaine sans hésiter bien longtemps. Pendant ce temps, un défilé de pilotes, respectueux du silence requis par la présence de la PAF, passe dans le couloir. Une brève séance de dédicace impromptue s’organise avec le pilote de démonstration du Rafale. Merci « Tao » pour ta disponibilité !

Le moment tant attendu arrive. La porte s’ouvre et le commandant Herpin (2300 heures de vol), leader de la Patrouille de France 2014, nous accueille. Installez-vous et soyez les bienvenus. La patrouille est au complet. Certains sont déjà concentrés sur la visualisation de leur vols, d’autres sont plongés dans l’analyse des derniers bulletins météo. Le leader présente ses respects au Général Serge Soulet, commandant des Forces Aériennes et du soutien des Forces Aériennes (CFA-CSFA) et salue les membres de notre petite assemblée. Il nous demande ensuite de ne plus prendre de photos à partir du moment où le briefing débutera. Du reste, personne n’oserait faire autrement tant le moment est solennel. Nos quatre jeunes mécaniciens n’ayant pas de places assises, le commandant Herpin leur propose de s’installer sur les chaises de l’estrade. Ils nous diront plus tard leur surprise de se retrouver ainsi aux premières loges alors qu’ils pensaient trouver une place discrète pour assister au briefing. Ce détail fortuit de disposition des personnes nous révèle la présence de l’esprit de la patrouille : un avion, un mécano, un pilote.

Le compte à rebours débute, 5,4,3,2,1 le briefing débute à l’heure prévue. Nous nous rendons compte à ce moment-là du volume d’informations à gérer et du professionnalisme avec lequel elles seront délivrées. Prise en compte de la dernière situation météo du moment et prévisions pour l’heure de la démo. Piste en service, axe de présentation, vitesse du vent, plafond et visibilité, QNH. Consignes de sécurité au sol et en vol, gestion des incidents en vol, procédure en cas de panne radio, aérodromes de diversion en cas de changement de temps, etc. Un flot ininterrompu d’informations est débité et varie en fonction du rôle alloué à chacun des pilotes au sein de la patrouille. C’est tout simplement hallucinant. Les Athos travaillent, mais c’est l’assemblée qui transpire à grosses gouttes. Par la fenêtre ouverte, nous entendons le son des réacteurs. A l’extérieur, les démonstrations en vol se poursuivent. Ce décor sonore, fort agréable de prime abord, nous paraît progressivement de plus en plus incongru, tant la concentration des pilotes est palpable. Le silence de la pièce devrait idéalement n’être perturbé en rien. C’est maintenant tout à fait évident. Le briefing se termine après vingt minutes et un calage précis des chronomètres.

Dans la foulée s’ensuit le pré-flight. La patrouille va maintenant répéter toutes les manœuvres qui seront bientôt exécutées en vol. On considère que les avions sont alignés sur la piste. On recule les chaises, chacun prenant l’attitude qui lui convient le mieux. Le leader prend alors la parole et, comme lors du vol réel, il dicte ses ordres, posément, selon un rythme qui lui est propre et qui fait celui de la démonstration en vol. C’est la « musique ». Dès qu’elle débute, chaque pilote se referme, il est déjà en vol. Les mains miment les actions sur les commandes, les doigts triment l’avion, les bras suivent le mouvement des ailes, les épaules sont ballottées dans le siège, la tête suit les repères aux sol, les yeux cherchent l’ailier. Le corps tout entier, posé sur la chaise oscille au rythme de la « musique » du leader. Le show a déjà commencé alors qu’ils sont toujours au sol.

Le leader déclame les figures, les ailiers répondent, les formations se succèdent, puis se disloquent. Les solos entrent en jeu, les phrases s’entrechoquent : rapprochement, je te vois, je dégauchis, cadence encore, cadence mieux, palette, fumée top, fumée coupée,... Le vol se déroule devant nos yeux et nous le vivons pleinement. Le cœur, éclatement final, le break, l’atterrissage. Fantastique !

Lorsque nous quittons la salle de briefing du « Champagne », nous sommes encore sans voix. Il ne nous viendra à la bouche qu’un seul mot : un tout grand merci pour l’invitation. Tout simplement, ils répondent que c’est avec grand plaisir. Nous sommes sur un petit nuage, nos sergents accompagnateurs également. Ils nous emmènent ensuite sur le tarmac pour assister à la mise en route. Nous nous trouvons le long du taxiway, les Alphajet tricolores passent et les pilotes nous saluent. Le show commence et nous avons pour la première fois l’impression de le vivre en stéréo. Nos yeux les voient et notre mémoire nous restitue la « musique » entendue une demi-heure plus tôt.

Eclatement final, atterrissage, taxiway retour. Ils ont enlevé leur masque à oxygène pour le retour, nos regards se croisent, « pitch up ». Dans le cockpit, un sourire éclaire le visage des Athos. Ils savent que le show a été apprécié du public.

Merci à vous les Athos pour cette formidable opportunité. Nous ne verrons plus jamais votre démonstration du même œil.

When you go to an aviation meeting, you live it from the outside. It’s already a great experience which is given to anybody how likes aircraft. To have the chance to live it from the inside and to be a member of it, it isn’t given to anyone. This time, we were lucky to get this opportunity thanks to the Commander Hauchamp, as well in charge of the CIIRAA of Nancy-Ochey air base.

We are on Sunday July 6. We are working on our second day of the airshow. It’s 12:30. Sergent Valentin Aringhieri, who is not only our guide for the week end but also an engineer on Mirage 2000D comes to us with a particular request. He asks us if we are interested to attend the “Patrouille de France” briefing . It isn’t something that you will hear quite often. Therefore, our answer is quite obvious, comes quickly, enthusiastic and makes the unanimity. The appointment is scheduled for 14:20, near the static display. We go there. 14:30. We meet our guide who is waiting for us with three others servicemen. All of them are engineers and like Valentin, they have to guide the press for the week end. They want to be part of the briefing as much as we do. Our group enter the Building the fighter squadron known as the 2/3 “Champagne”. In order to show respect, we all remain silent. We are going upstairs. Our looks are attracted by the great number of war memorials as well by the combat missions, the external operations or by the pilots ‘generations. We are so impressed by the history which surrounds us that we forget to take pictures. A corridor, a closed door on which you can read “PAF- Current briefing- Don’t disturb!”. A shade of disappointment can be read on our faces. Are we late? Our Sergents get some information. We are in advance. Phew!!

While we are waiting for the door to be opened, another one opens. A Captain comes in and takes some bottles of Champagne which are labelled with the representing emblems of the three Squadrons at the base. Seeing our intrigued faces, he tells us that the bottles can be sold. We haven’t thought long before buying one of these. During that time, a parade of pilots passed, all respectful of the silence asked by the “PAF” presence. An improvised dedication is done with “TAO”, Rafale Pilot.

Finally, the moment we were all waiting for comes. The door is opened by the leader of “Patrouille de France” 2014 who has 2300 of flying hours, Commander Herpin. He welcomes us: take place and be welcomed. Here they are! Some of them are already in their flight visualisation. Others are still working on the last weather forecast. Commander Herpin presents his respects to the General Serge Saulet. He is the Commander of the Air Forces but also the Commander of the support of the Air Forces. After that, the leader greets the people of our little assembly. He asks us to not take photos anymore once the briefing has started. Indeed, nobody would dare to make it otherwise so much this moment is solemn. As for our four engineers, they haven’t found empty seats. Therefore, the Commander Herpin proposed them to take a seat on the stage. Later, they will tell us how surprised they were. They wanted to be discreet and in the end, they had a ringside seat. This detail about the people position reveals us a lot about the patrol spirit: an aircraft, a pilot, and an engineer.

The countdown has begun: 5,4,3,2,1. Briefing starts right on time. At this moment, we are captivated and we realize how much information must be delivered and how in a professional way it is done. They take into account the last meteorological situation and the forecast regarding their display time. Track in service, axis of presentation, wind speed, ceiling and visibility, QNH. Orders of safety on the ground and in flight, management of incidents in flight, procedure in case if the radio breaks down, aerodrome of diversion if the weather changes, etc. A stream of uninterrupted information is given and changed depending of the function of one another in the patrol. It’s hallucinating! The Athos are working hard but it is the assembly which is sweating bullets. By the opened window, we hear jet engines. At the outside of the building, the demos haven’t stopped. It doesn’t bother the PAF at all. We can feel the pilots ‘concentration. The briefing stops after 20 minutes and by a precise wedging of chronometers.

Quickly, it’s the pre-flight. Now, the patrol is going to repeat all the manoeuvres which will be done during the flight. The pilots step back their seats. Each of them takes the bearing which is the best for him. The leader speaks. Like in flight, he dictates his orders, according to a proper rhythm, calmly. It’s the “music”. Once it starts, each pilot withdraws: he’s already in flight. The hands mime the actions on the commands, the fingers toil the plane, the arms follow the wings movement, the shoulders are rolled in the seat, the eyes are looking for the wing. The whole body swings into the music rhythm given by the leader.

The show has already started even so they are still on the ground. The leader declaims the figures, the wingers answer, the formations are following one another then dislocate. The solos are coming into play, the sentences collide: Closing, I see you, I plane, cadence still, cadence better, pallet, smoke on, smoke off. The flight is happening right in front of our eyes and we live it with passion. The heart, final break-up, break, landing. Amazing!

When it is time to leave the briefing room of “Champagne”, we are still speechless. There is only one word which comes to our mouths: thank you for inviting us. Simply, they answer you that it is with great pleasure. We are cleary out in space on this just like our Sergents. These last ones bring us to the tarmac in order to attend the starter. Next to the taxiway, the Alphajet come towards us and the pilots wave us. The show starts. For the first time, we have the feeling to live it in stereo. Our eyes are looking at it and at the same time, our memory restores us the “music” heard thirty minutes before.

Final break-up, landing, back on the taxiway. They have removed their oxygen mask, our eyes are catching theirs, “pitch-up”. In the cockpit, a smile lightens the Athos faces. They know that the show was well appreciated by the public.

Thank you to you the Athos for this amazing opportunity. We will not more see your show the same way we used to.










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English translation by
Barbara DUFRANE



Photos additionnelles - Additional pictures
Lionel CUVELIER, Barbara DUFRANE & Luc DUJARDIN






REMERCIEMENTS AU COMMANDANT ANDRE HAUTCHAMP, A L’EQUIPE DU SERVICE PRESSE, AINSI QU’A NOS ACCOMPAGNATEURS, LES SERGENTS VALENTIN ARINGHIERI, YOHAN GUIGLIO, ALEXANDRE GUIPON ET JEAN-MARC GUILLAUMAT, POUR LA QUALITE DE LEUR ACCUEIL ET LES FACILITES D’ACCES SUR LA BASE AERIENNE 133 DE NANCY-OCHEY.