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Situé à environ sept kilomètres à l’ouest de Bruxelles, le château de Grand-Bigard est entouré de douves et de hêtres séculaires. Ses origines remontent au XIIe siècle. Le pont à cinq arches qui enjambe les eaux du fossé aboutit au pont-levis du châtelet d’entrée. La partie centrale de ce dernier remonte au XIVe siècle, tout comme le donjon, haut d’une trentaine de mètres, qui domine les environs de sa silhouette altière. Cette année, il était accessible au public après des travaux de restauration qui ont duré six mois. De la terrasse supérieure on domine le paysage environnant à une trentaine de kilomètres à la ronde.

Le château lui-même, tel qu’on le voit actuellement, a été érigé au XVIIe siècle et est représentatif de l’architecture de la Renaissance flamande. La chapelle, située dans l’aile droite, est toujours dans sa configuration originelle, sans aucune modification depuis plus de trois cents ans. Le parc de quatorze hectares qui entoure le château a été redessiné au XIXe siècle par l’architecte de jardins Louis Fuchs (1818-1904) à qui l’on doit également l’aménagement des jardins du Musée de l’Afrique centrale à Tervuren, ceux du château de Louvignies en Hainaut ou le parc Léopold à Bruxelles.

Les floralies de Grand-Bigard se déroulent dans le parc et les serres du château. 2015 voit la douzième édition de cet événement. Cela représente plus d’un million de bulbes plantés à la main. Il y a ainsi environ six cents variétés de tulipes, jacinthes, narcisses ou jonquilles qui offrent aux visiteurs une véritable symphonie de couleurs printanières. En outre, c’est également à l’occasion de ces floralies qu’il est possible d’admirer la plus grande collection belge de rhododendrons et d’azalées en provenance de la collection Rothschild d’Exbury Gardens en Angleterre. Le décorateur floral Hans Danko et son équipe présentent dans la serre pas moins de cent cinquante compositions réalisées avec environ dix mille fleurs coupées.

C’est la première fois que je me rends au château de Grand-Bigard. On n’est pas déçu par le décor. Le château est superbe. Au bout du pont qui enjambe les douves, la poterne médiévale fait déjà remonter le temps au visiteur. Son architecture est celle d’un ouvrage fonctionnel et militaire dont la rôle de défense demeure bien apparent. Dans la cour d’honneur, l’élégance et la sobriété des lignes du corps de logis du château se marie bien avec la paisible atmosphère des floralies. Le soleil est au rendez-vous et le public également. Par chance, il est peu nombreux et plusieurs photographes profitent de la relativement faible affluence de ce jour. Il est vrai que nous sommes lundi et que les floralies entament déjà leur dernière semaine. Le public est bien présent, mais ce sont de tout petits groupes qui déambulent dans les allées du parc.

Profitant de l’ensoleillement, je choisis également de faire d’abord le tour du parc. Le nombre et la variété des fleurs sont extraordinaires. Les plantes sont tantôt regroupées par essence, tantôt par couleur, ou encore éparpillées dans un apparent désordre bigarré. L’enchantement est total. Tous ces bulbes ont été plantés à la main. Dans certains parterres, l’organisation est évidente, tandis qu’à d’autres endroits du parc on pourrait croire qu’il s’agit d’un décor naturel dont la beauté confère aux lieux un charme paisible et féerique.

Au fil de la promenade, on rencontre au détour d’un parterre, le charmant spectacle de jeunes oisons pépiant et déambulant encore maladroitement derrière leurs parents. Ces oies bernaches et ouettes d’Egypte, sous une apparence débonnaire, sont pourtant très attentives à leur progéniture et défendent farouchement leurs petits de tout intrus qui approcherait. Un photographe ayant oublié le principe de base de la distance de sécurité a ainsi subi la foudroyante charge d’un jars blanc peu commode. Un petit coup de bec sur le genou a tôt fait de rappeler à l’ordre le distrait qui en fut quitte pour un mémorable sursaut de surprise.

Je quitte finalement le domaine sans m’être davantage attardé autour du château, sans avoir visité la chapelle ni être monté en haut du donjon pour y admirer le paysage. Ce n’est que partie remise, car voici un excellent prétexte pour y retourner.




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