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© TEXTE ET PHOTOS LUC DUJARDIN - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2016


Après les activités consacrées aux perspectives d'avenir des jeunes au sein de la Composante Air, la fin de la journée était plus festive. Et pour cause, le service Image et Relations publiques (ComOpsAir-IPR) avait organisé un événement tout à fait particulier et assez exceptionnel. Fly to your Dream avait nécessité la venue à Beauvechain de différents aéronefs présentés en vol dans le courant de la journée ou bien exposés au sol de façon statique. L'idée, simple mais géniale, a été de proposer que le public puisse également accéder à la base en fin de journée pour photographier ces avions et hélicoptères au moment du coucher du soleil.


Conception, préparation et organisation


C'est à l'Adjudant Jozef Vanden Broeck que l'on doit l'idée de ce Sunset Photoshoot. Il est familier de ce genre d'événements, mais ceux qu'il avait précédemment mis en place étaient réservés à un public plus restreint (médias). En 2015, la présentation des Demo Teams avait pris la forme d'une telle séance de photos en soirée. Les avis étaient très positifs et nombreuses furent les demandes pour que cela ne reste pas un cas unique. Cette année 2016 est celle du septantième anniversaire de la Composante Air. Il ne fallait pas chercher plus loin un prétexte pour renouveler l'expérience. Mais cette fois-ci à l'intention de tout un chacun. C'est donc la première fois que le grand public et les spotters ont eu l'opportunité de réaliser de belles images crépusculaires et nocturnes. Moyennant l’inscription préalable et le payement de la modique somme de 10 euros, le grand public a pu réaliser des photos des aéronefs de la Composante Air belge sous un jour tout à fait inhabituel. Le nombre de places était limité. Ce sont au total quatre cent septante personnes qui se sont inscrites. Parmi elles, une vingtaines de jeunes qui avaient participé à Fly to your Dream dès le matin. L'événement a attiré des photographes belges, mais aussi des Hollandais, des Allemands, des Français, des Anglais et même des Polonais, des Hongrois et des Danois. C'est dire à quel point ce genre d'opportunité est assez rare pour être appréciée au niveau international. Il faut dire que ce concept de séance crépusculaire existe déjà en Grande-Bretagne, mais est souvent assez onéreux.

L'idée de ce Sunset Photoshoot a été émise à la fin de l'année 2015. Il a fallu ensuite recueillir l'approbation du Lieutenant-colonel Wim Lecoutere commandant le service ComOpsAir-IPR, puis celle du Colonel aviateur BEM Georges Franchomme, commandant la base de Beauvechain et, enfin celle du Général-major aviateur Frederik Vansina, commandant de la Composante Air. On s'en doute, cela a nécessité du temps, des coups de téléphone, diverses prises de contacts à différents niveaux, y compris avec la police fédérale, pour aboutir à ce résultat. De l'idée à sa réalisation, il aura fallu cinq mois pour obtenir toutes les autorisations nécessaires, coordonner tous les services impliqués et organiser l'événement dans ses moindres détails.

Sur la base elle-même, il y avait du personnel en nombre pour encadrer l'événement. Il y avait tout d'abord l'équipe de ComOpSAIR-IPR (une dizaine de personnes), le Cross-Servicing de Beauvechain (quatre personnes), des membres des équipes de maintenance affectées aux divers types d'aéronefs présents. Il faut encore ajouter à cela le personnel présent pour la sécurité de l'événement. En effet, de la même manière que pour Fly to your Dream, l'accès à la base était sécurisé. Identification et vérification des véhicules et des bagages par les militaires et des chiens détecteurs d'explosifs n'ont cependant en rien limité l'enthousiasme des participants. Le public a eu accès à la base aérienne dans la matinée à partir de dix heures pour Fly to your Dream, mais sur place les différentes équipes étaient occupées dès huit heures du matin pour accueillir les avions et hélicoptères et les garer pour l'exposition statique. Fly to your Dream a pris fin vers seize heures et, à partir de ce moment-là, certains aéronefs ont été déplacés et les éclairages disposés pour le Sunset Photoshoot. Une fois le public reparti, vers vingt-deux heures trente, les avions ont été redirigés vers leur parking ou leur abri. La mise en place représente donc à elle seule plusieurs heures de travail.


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Sunset Photoshoot


Mais revenons à l'événement. Vers dix-sept heures trente, au moment de l'ouverture des portes de la base aérienne, comme par enchantement, le soleil a enfin percé les nuages gris présents tout au long de la journée. C'est donc sous une magnifique lumière dorée de fin de journée que les photographes ont pu commencer à travailler. Un Alpha Jet 1B (AT-20) était disposé à proximité d'un C-130H (CH-07). Plus loin, les quatre Marchetti de la patrouille acrobatique des Red Devils étaient impeccablement alignés (ST-15, ST-23, ST-34, ST-36), puis devant un abri durci le F-16AM portant le code FA-127 pointait le nez en direction de la piste. Des hélicoptères étaient également présents. Bien entendu, des Agusta A109BA logés sur la base étaient exposés (H-26 et H-45 medevac) de même que le plus récent des hôtes de Beauvechain le NH90 TTH (RN-07). Son cousin maritime à la livrée gris clair NH90 NFH (RN-02) basé à Coxyde lui faisait face. Une des dernières Alouette III encore en service (M-3) a redécollé vers Coxyde avant le coucher du soleil. Un des Embraer ERJ-135 (CE-02) ayant servi dans l'après-midi pour les baptêmes de l'air était encore garé près de la piste. Ajoutons encore un des hélicoptères MD900 Explorer de la Police fédérale (G-12) qui était venu renforcer le dispositif de sécurité. Sans oublier, pour les nostalgiques, le dernier des Fouga Magister (MT-35) qui était visible près des derniers bâtiments. Bien que retiré du service en 2007, cet appareil aux courbes gracieuses attire toujours autant le regard des photographes.

Le décor est planté. Cela paraît peu de choses, car le dispositif ne pourrait rivaliser avec ce qu'il est possible de voir dans les grands meetings aériens internationaux. Mais ce n'est pas le propos et ce n'est pas du tout comparable. Il y a peu d'avions, certes, mais qu'on ne s'y trompe pas, il est malgré tout difficile de tout voir. Les organisateurs ont prévu un beau plateau, mais il faut tenir compte des contraintes intrinsèquement liées à ce type d'événement. Inéluctablement, le soleil se couche. La lumière change de couleur et d'intensité. Le regard cherche le bon angle de vue. Il faut modifier régulièrement les réglages des appareils photos. Il faut faire des choix. Prendre une photo nocturne est un acte plus technique. Cela demande un peu plus de temps qu'une simple pression sur le déclencheur. Au fur et à mesure que la nuit descend sur la plaine, les projecteurs sont allumés autour des aéronefs. Les trépieds sortent des housses et prennent possession du tarmac pour des prises de vue en pose longue. Les photographes avertis sont, dans l'ensemble, respectueux des autres. Tout le monde photographie sans occasionner trop de gêne aux autres. On attend son tour, on se place en ligne. Bientôt le firmament étoilé succède aux couleurs orangées du crépuscule. La soirée est parfaite. Le spectacle est de grande qualité et le public de connaisseurs ne s'y trompe pas. La bonne humeur se lit sur les visages.


Décollages nocturnes


La soirée se termine par deux décollages. C'est la cerise sur le gâteau. Tout d'abord, le NH90 de Coxyde est tracté hors de la zone publique et amené près de la piste. L'équipage monte à bord et les moteurs sont mis en route. Le spectacle devient alors véritablement splendide, car l'hélicoptère se pare des couleurs de ses feux anticollision et de ses feux de navigation. Blanc, vert, rouge, bleu. Et les lumières LED qui sont au bout des pales embellissent le rotor d'un magnifique cercle vert. Après avoir décollé face à l'ouest, le NH90 a refait un passage à basse altitude et, au moment de passer à hauteur de la zone d'exposition statique, le pilote a rallumé ses LED et illuminé le rotor pour un élégant salut.

Peu après, c'est près du C-130 que le personnel de piste commence à s'affairer. Un cordon de sécurité est établi autour de l'avion et les photographes se rassemblent tandis que l'équipage prend place dans le cockpit. Puis le moteur numéro trois (intérieur droit) démarre. Les pales de l'hélice se mettent en mouvement et se fondent en un disque tournoyant. Le moteur fournit l'énergie aux différents systèmes de l'avion, le temps pour les pilotes de passer en revue la check-list d'avant décollage. Puis les trois autres moteurs sont mis en route l'un après l'autre et le grondement majestueux des quatre turbopropulseurs Rolls Royce Allison T56-A-15 se fait plus assourdissant. La vibration transmise dans le sol est nettement perceptible, même à travers les semelles épaisses de bottines. Le C-130 est maintenant prêt à partir. Le crew-chief déconnecte son casque de la prise intercom qui le reliait à l'équipage à bord du cockpit. L'avion peut quitter son aire de parking et, pesamment, l'Hercules se met à rouler lentement vers la piste. Lui aussi décolle vers l'ouest. Peu de temps après, il refait un passage bas en guise d'au-revoir. Les pilotes volent avec des jumelles de vision nocturne, on est tout de même impressionné par cette approche discrète et de nuit du C-130 à basse altitude. Dans un vrombissement formidable, la silhouette imposante survole une dernière fois la plaine avant de s'estomper dans la nuit.




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Petit rappel de sécurité aéronautique élémentaire


Seule ombre au tableau, l'indélicatesse de certains participants qui ont abandonné détritus et canettes un peu partout. Il faut savoir que l'événement avait lieu sur l'ancienne zone de dispersion du QRA (Quick Reaction Alert) du temps où les F-16 basés à Beauvechain assuraient une permanence opérationnelle. Cette zone est composée d'alvéoles et de taxiways pour les avions et sont toujours en usage actuellement. Il est donc totalement irresponsable d'y abandonner des déchets et, a fortiori, des canettes métalliques vides. Sur tous les aérodromes, tout objet étranger est absolument banni des parkings et des zones de roulement pour aéronefs. Le moindre caillou, boulon, outils ou déchet qui traîne peut être aspiré par une hélice, un rotor ou un réacteur et occasionner de graves dégâts ou avaries. Cela peut aller du bris de vitre au feu moteur. Et si un réacteur endommagé flanche lorsqu'on a besoin de toute sa puissance, par exemple lors du décollage, les conséquences peuvent être catastrophiques. C'est pour cette raison que les parkings et zones de roulement font l'objet d'inspections ou de nettoyages réguliers et sont, pour le personnel au sol, l'objet d'une vigilance de tous les instants. Des panneaux sans équivoque sont d'ailleurs placés à chaque entrée. On y voit une silhouette d'Alpha Jet, des vis et des boulons sur le sol et les trois grandes lettres FOD (Foreign Object Detection) pour rappeler qu'on pénètre dans une zone réservée aux aéronefs et que rien ne peut être abandonné sur le sol.


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Un festival de couleurs


La journée se termine. Ce fut somptueux et la météo complice a permis de faire de bien belles images, plus insolites, dans une ambiance que l'on pourrait qualifier comme davantage « opérationnelle » que ce que permettent de voir les meetings aériens classiques. Les avions sont proches et les photographes qui évoluent d'un appareil à l'autre ne peuvent toutefois pas être trop nombreux pour ne pas se gêner mutuellement. On comprendra donc parfaitement qu'une telle formule ne soit accessible qu'à un nombre limité de participants et sur inscription préalable. Cela a d'ailleurs permis aux organisateurs de prévoir un badge spécial remis en cadeau à tous les participants. On ne peut qu'espérer la réédition prochaine d'un tel événement.




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© TEXTE ET PHOTOS LUC DUJARDIN - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2016


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Photos additionnelles - Additional pictures
Laurent CUVELIER


English translation coming soon



MERCI A TOUTE L'EQUIPE DE COMOPSAIR-IPR POUR LA QUALITE DE L'ACCUEIL SUR LA BASE DE BEAUVECHAIN ET SON AIDE PRECIEUSE POUR LA REALISATION DE CET ARTICLE. UN GRAND MERCI ET DES FELICITATIONS TOUT PARTICULIEREMENT A L'ADJUDANT JOZEF VANDEN BROECK POUR CETTE BELLE IDEE DE PHOTOS CREPUSCULAIRES. MERCI EGALEMENT A TOUS LES PERSONNELS DE LA BASE DE BEAUVECHAIN QUI ONT TRAVAILLE DANS L'OMBRE ET BIEN TARD POUR FAIRE DE CETTE SOIREE UNE BELLE REUSSITE.