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© TEXTE ET PHOTOS LUC DUJARDIN - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2016


Aperçu historique


De conception israélienne, les drones B-Hunter ont été construits par la firme Israel Aicraft Industries (IAI) à partir de 1994. C'est l'accord pour une construction sous licence en Belgique qui a permis à IAI de remporter l'appel d'offre du gouvernement belge. Plusieurs entreprises aéronautiques et technologiques sont intervenues dans le processus de production des divers composants. Une association momentanée, baptisée Eagle, a rassemblé plusieurs entreprises du sud du pays (Sonaca), du nord (Alcatel Bell Space Defence et Alcatel Etca) et du centre du pays (Sait Systems). C'est ainsi que la dénomination complète des appareils en service dans notre pays est IAI Eagle B-Hunter.

Dix-huit exemplaires et six stations de contrôle ont été achetés par la Belgique pour remplacer le drone Epervier retiré en septembre 1999 après vingt-trois ans de service. Sur proposition du Ministre de la Défense Jean-Pol Poncelet, le Conseil des Ministres approuva la décision d'achat le 10 décembre 1998. Les appareils ont été réceptionnés sous la législature suivante et la tutelle du Ministre de la Défense André Flahaut. Les drones B-Hunter ont été fabriqués sous licence par la Sonaca et sont arrivés en unité à partir du mois de juillet 2002. Ils portent sur le fuselage les codes 271 à 289 correspondant à leur numéro de construction (BH271 à BH289). A l'époque, c'est la Force terrestre qui les a pris en charge et les a mis en œuvre à partir d'Elsenborn. En 2003, une première tranche du personnel de l'unité reçoit sa qualification opérationnelle. L'année suivante, l'escadrille atteint le niveau de sa capacité opérationnelle initiale. 2004 est aussi une année importante dans l'histoire de la Force aérienne belge. Elle se réorganise complètement et prend la dénomination officielle de Composante Air. Tous les aéronefs et matériels volant, y compris les hélicoptères et les drones, passent alors sous sa responsabilité. Les Agusta quittent la base de Bierset et viennent s'installer à Beauvechain. A partir de la même année, suite à des accords de coopération en matière de formation des pilotes militaires, les Alpha Jet commencent à quitter Beauvechain pour se redéployer progressivement sur la base française de Cazaux, dans les Landes, où ils intègrent l'Advanced Jet Training School. Quant aux drones, s'ils changent de commandement organique, ils demeurent encore à Elsenborn. En 2007, le 80 UAV Squadron reçoit sa qualification opérationnelle complète. C'est à partir de 2010 que l'unité va progressivement s'affranchir de l'environnement de la Composante Terre et quitter le camp d'Elsenborn pour la base aérienne de Florennes. Le déménagement est réalisé dans le courant de l'année 2011.

Les Etats-Unis avaient acquis soixante-deux drones Hunter de la version BQM-155A livrés à l'U.S. Army entre le mois de mai 1994 et décembre 1995. Sept d'entre eux furent perdus sur accidents et le programme fut stoppé en janvier 1996. Les appareils furent placé en stockage d'où on les retira en avril 1999 pour les envoyer sur le théâtre d'opération du Kosovo. Equipés d'un désignateur laser, il reçurent la dénomination de RQ-5A. Ils servirent en Irak à partir de 2003 où quatre appareils furent abattus. Lors des opérations en Macédoine, il reçurent une camera FLIR (Forward Looking Infra Red). Modifiés en MQ-5B, ils augmentaient encore leurs capacités en emportant cette fois de l'armement. Trente MQ-5B Hunter servirent au sein de l'U.S. Army. Cette version capable de délivrer de l'armement guidé laser a été utilisée au cours de missions de guerre en Irak à partir de 2007. Ils ont été progressivement remplacés à partir de 2009 par le drone de combat MQ-1C Gray Eagle. Les Etats-Unis ont utilisé par la suite encore une trentaine d'appareils de la version RQ-5A, mais uniquement à des fins d'entraînement. Les derniers drones Hunter américains ont été définitivement retirés du service le 16 décembre 2015. En dix ans, ils ont servi dans les Balkans, en Irak et en Afghanistan, accumulant plus de 110.000 heures de vol.

Un autre pays utilisateur du drone Hunter est plus proche de nous. Il s'agit de la France qui en a utilisé une version fort similaire à la version belge. Dénommés F-Hunter, les quatre exemplaires acquis ont servi au sein de l'Aviation légère de l'Armée de terre (ALAT). Ils ont été engagés au Kosovo en 2001 où ils effectuèrent vingt-cinq missions avec succès. L'un d'entre eux fut perdu et les trois exemplaires restant ont été retirés du service, placés en stockage et remplacés en juin 2008 par quatre drones Harfang. A l'heure actuelle, la France a encore modernisé son parc d'avions inhabités. Elle a remplacé ses Harfang en 2013 par deux drones de combat MQ-9 Reaper de conception américaine. La France conserve donc à la fois des capacités de reconnaissance, mais aussi de nouvelles capacités plus offensives. Elle a encore mis en service un troisième MQ-9 Reaper en mars 2015.

On le voit, il y a peu de pays utilisateurs du système de drone Hunter. Seuls les Etats-Unis et la France l'ont utilisé et la Belgique est le troisième et dernier pays qui l'utilise encore activement en 2016. Malheureusement, de ce fait, il n'existe que peu, voire pas du tout, d'informations précises sur le potentiel opérationnel maximum. Il est donc difficile de planifier son utilisation à long terme. On peut cependant regarder l'état du parc. Parmi les appareils acquis par la Belgique, quatre on été perdus par accident (n° 271, 275, 277, 279) et deux ont été retiré du service (282 et 285). Douze appareils sont encore actuellement opérationnels (dont le 288 qui n'est plus utilisé qu'en exposition statique pour les relations publiques de l'unité). La Belgique n'envisage pas de procédure de modernisation. Ce serait d'ailleurs fort coûteux et pas vraiment rentable étant donné l'âge de conception du système. Le B-Hunter peut se classer parmi les drones MALE (moyenne altitude longue endurance), mais il n'a pas les performances ni les capacités que possèdent des systèmes comme le MQ-9 Reaper américain par ailleurs beaucoup plus récent et actuellement utilisés ou en cours d'intégration au sein des forces armées de plusieurs pays européens (Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni).

La question de maintenir ou non l'usage des drones belges a été discutée avec le Ministre de la Défense Pieter De Crem sous la précédente législature (2007-2014) et le couperet budgétaire avait été agité au cours des débats. Pour l'heure, l'avenir du 80 UAV Squadron est assuré pour quelques années encore, car le Ministre Steven Vandeput souhaite maintenir cette capacité de renseignement au sein de la Composante Air belge. Les drones B-Hunter devraient rester en service opérationnel jusqu'à l'horizon 2021. Au delà de ce terme, il deviendra urgent de les remplacer. Mais combien de drones acquérir, de quel type et pour quelles missions ? Sera-t-il question, comme aujourd'hui, uniquement de capacités de reconnaissance ? Avec quels types de capteurs ? Les drones futurs devront-ils être capables de guider ou de tirer de l'armement ? Quelle technologie retenir étant donné la rapidité des progrès et des innovations dans le secteur de l'imagerie et des communications ? Les contours sont encore flous. Ce sera un des sujets sur lequel les sphères politique et militaire belges devront s'accorder pour maintenir au pays des capacités de défense à la fois efficaces et crédibles par rapport à nos alliés au sein de l'Union européenne et de l'OTAN.




Le système de drones B-Hunter


Le système repose sur plusieurs éléments : il y a tout d'abord l'avion, ensuite la station de contrôle au sol, le terminal de données sans oublier le module de guidage pour les phases de décollage et d'atterrissage. L'avion inhabité B-Hunter a une longueur de 6,9 mètres et une envergure de 8,9 mètres. Il possède un train tricycle et un double empennage bipoutre. Sur le dos se trouve l'antenne qui le maintient en liaison constante avec le sol pour le pilotage et le transfert en temps réel des images enregistrées par ses capteurs. Il est certifié pour le vol de la même manière que le sont tous les avions civils. Ses deux moteurs Moto Guzzi de 65 Cv et 750cc sont disposés à l'avant et à l'arrière du fuselage. L'un fonctionnant en traction et l'autre en propulsion. Ils lui permettent d'atteindre une altitude maximale de 15.000 pieds (4.500 mètres) et lui confèrent une autonomie de dix heures. En pratique, le B-Hunter est utilisé sur zone pendant six à huit heures à une altitude opérationnelle comprise entre 6.000 et 8.000 pieds (entre 1.800 et 2.400 mètres) au dessus du niveau de la mer. Cette altitude de travail le place hors de portée des tirs d'armes antiaériennes tout en le plaçant à la distance optimale pour le travail des caméras. Le drone peut opérer dans un rayon d'action d'une centaine de kilomètres autour de sa base. Cette distance peut encore être accrue et portée à deux cent soixante kilomètres par l'utilisation d'une antenne relais. L'avion est guidé automatiquement pour les phases de décollage et d'atterrissage par un module laser, le Remote Autolanding Position Sensor (RAPS) qui le maintient sur l'axe de piste. Sous l'aile gauche se trouve un rétro-réflecteur qui reçoit l'illumination du laser de guidage. Le poste de contrôle ou Ground Control Station (GCS) est une cabine facilement transportable. Elle abrite le poste de pilotage et toutes les consoles de commandes. Enfin, le terminal de données ou Ground Data Terminal (GDT) assure la transmission en temps réel des données collectées au cours du vol par le biais d'une antenne rectangulaire directionnelle et de deux antennes omnidirectionnelles.

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Pour décoller et atterrir en toute sécurité, le drone doit disposer d'une piste de six cents mètres de long. La distance de décollage et d'atterrissage est bien inférieure à cela et dépend bien évidemment de la force et de l'orientation du vent. Lors du poser, aux alentours de soixante nœuds (110 km/h), l'avion décélère encore lors du roulage et est arrêté par un câble d'arrêt tendu en travers de la piste et que vient attraper un crochet fixé sous l'avion et déployé pour cette dernière phase du vol. C'est parce qu'il est dépourvu de freins (gain de poids) que le B-Hunter se pose de la même façon que sur un porte-avions. Outre les limitations techniques (altitude, rayon d'action) inhérentes à l'appareil, le B-Hunter possède aussi, comme tout avion, ses limites météorologiques. Ainsi, il ne peut pas décoller quand le vent de face est supérieur à vingt-cinq nœuds (45 km/h), que le vent latéral dépasse quinze nœuds (25 km/h) ou que le vent souffle dans son dos à plus de cinq nœuds (10 km/h). Étant dépourvu de capteur d'imagerie radar, il ne peut pas opérer au-dessus des nuages, car les caméras qu'il emporte ne lui permettent pas l'acquisition d'images au travers de la couche nuageuse. On remarquera qu'un des carénages du train d'atterrissage (celui de gauche) est peint en noir, tandis que tout l'avion est peint en gris. Cette petite astuce facilite, en cours de vol, la détection visuelle de formation de givre. On le sait, le givre alourdit les avions et réduit leur performances. Il peut modifier les caractéristiques aérodynamiques et, dans le pire des cas, bloquer les gouvernes ou provoquer des dégâts aux moteurs.

L'ensemble du système B-Hunter est mobile, facilement transportable et peut être déployé rapidement. L'avion lui-même est démontable pour être transporté dans un conteneur. Le principal avantage du B-Hunter est sa grande fiabilité. Tous les systèmes de commande et de vol, de même que les senseurs principaux sont dédoublés. La cabine de pilotage (GCS) est toujours mise en service en même temps qu'une seconde, redondante, prête à prendre la relève en cas de problème dans la station de commande principale. Au cas où la connexion serait perdue en cours de vol entre la station de contrôle et le drone, celui-ci passerait en pilotage automatique et se se dérouterait vers une position déterminée, reconnue à l'avance et préalablement encodée dans le système de navigation, pour y orbiter jusqu'à ce que la liaison soit rétablie et que l'équipage au sol puisse reprendre les commande et le cours de la mission. En cas de souci plus grave, le drone pourrait tourner en rond jusqu'à épuisement de son carburant. Dès l'arrêt des moteurs, un parachute, logé dans le dos de l'avion, se déploierait pour assurer le retour au sol en douceur et permettre facilement la récupération de l'appareil.

Dans la cabine de pilotage (GCS) se trouvent trois consoles de commandes pour le pilote, l'observateur et le chef de mission. A l'origine, elles étaient chacune équipées de lourds écrans cathodiques. Après avoir été modernisées il y a quelques années, chaque poste de contrôle de la GCS utilise désormais deux écrans plats multifonction. Ils peuvent afficher les données cartographiques des zones survolées, les images reçues des senseurs du B-Hunter ou les écrans de contrôle du pilotage de l'avion. Par convention, le pilote (Pilot Navigator) prend place à la console de gauche et l'observateur (Real Time Observer) à la console de droite, mais ces deux postes de travail sont totalement interchangeables. Seuls ces deux postes sont équipés d'un manche (joystick) pour le contrôle de l'avion. En pratique, le pilote n'utilise le manche que pour calibrer le RAPS et aligner le laser en fonction de l'axe de piste. Le pilotage du drone se fait essentiellement à la souris. Le pilote introduit les données de vitesse, d'altitude ou de cap dans les menus et les fenêtres des écrans de contrôle. Le manche sert principalement à l'observateur pour piloter la boule optronique et en orienter les caméras. C'est lui qui est responsable de l'acquisition des images souhaitées et qui analyse les images reçues afin de fournir les renseignements demandés. La console centrale est occupée par le chef de mission (Mission Commander). Il s'agit d'un officier qui a également les qualifications de pilote. C'est lui qui est responsable de la planification du vol et de l'exécution de la mission. Il travaille en coordination avec les organismes de contrôle aérien civil et militaire, car les vols s'intègrent dans l'espace aérien en respectant les conventions habituelles de la circulation aérienne. Le chef de mission est également en liaison avec l'organisme pour lequel le vol est effectué. Il peut s'agir d'une autre unité militaire, de la police fédérale, du Carrefour d'information maritime (MIK), du Département de la Nature et des Forêts (DNF), etc. Le drone pouvant voler une dizaine d'heures et la charge de travail de l'équipage nécessitant une importante concentration, les équipes se relèvent toutes les deux heures. L'équipage montant vient prendre les dernières informations sur l'état des senseurs et les directives relatives à la mission en se rendant d'abord dans la cabine de backup.

Les fonctions de pilote et d'observateur sont assurées par des sous-officiers. Formés à Saffraanberg pendant un an et demi, ils y acquièrent les compétences de base et une orientation plus spécialisée vers les forces aériennes. Les observateurs suivent un cours d'analyse d'images, tandis que les futurs pilotes vont ensuite suivre un cours dispensé à Semmerzake pendant cinq semaines pour tout ce qui concerne le contrôle aérien. L'apprentissage du pilotage proprement dit du drone et de son système propre s'effectue en unité. Si les conditions sont bonnes (météo et disponibilité des instructeurs) la fin de la formation ne prend que quelques mois. Cela peut prendre plus de temps si les instructeurs à l'escadrille sont à ce moment déployés à l'étranger ou accaparés par une mission opérationnelle.



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Missions et utilisation


Les drones belges ne sont pas armés. Ils sont spécialisés dans les missions de reconnaissance et d'observation, de jour comme de nuit, grâce à des capteurs et caméras opérant dans le visible et le spectre infrarouge. Par rapport à l'emploi d'un hélicoptère, un drone a l'avantage de coûter moins cher à l'heure de vol et il peut rester plus longtemps sur zone. En outre, les matériaux composites utilisés dans sa conception, sa petite taille et sa motorisation le rendent particulièrement discret. Les images filmées par les drones dans le cadres de leurs vols habituels ne pourraient pas être utilisées systématiquement à des fins de contrôle policier. Le cadre juridique est clair, il faut un mandat précis d'un juge d'instruction pour avoir recours aux images des drones. Par exemple, une infraction de roulage visible sur des images collectées au cours d'un vol, ne serait pas recevable pour faire condamner le contrevenant. Les vols sont spécifiquement réalisés dans le cadre de la surveillance anti-terroriste en complément des moyens aériens de la police fédérale.

Les drones sont utilisés pour des missions de surveillance très diverses. Ils emportent une boule optronique, logée sous le ventre de l'appareil. Elle abrite des caméras gyro-stabilisées pour obtenir des images nettes malgré les turbulences rencontrées au cours du vol. La première caméra est une caméra numérique conventionnelle qui fournit des images noir et blanc. Cela permet des analyses plus fines des images grâce à une meilleure gestion des contrastes. La seconde est une caméra infrarouge (IR). Elle transmet une image basée sur la mesure des différences de réfraction du spectre infrarouge propre à chaque matière. Les zones chaudes y apparaissent plus claires et les zones froides sont plus sombres ou inversement. L'opérateur caméra peut en effet choisir de voir l'image en négatif afin d'en faciliter davantage la lecture. Cet outil est très efficace et permet de lever le doute sur des images de la caméra conventionnelle y compris de nuit ou sous le couvert des arbres.

Le rôle du B-Hunter est avant tout tactique. Dans le cadre du renseignement militaire, les drones sont des yeux projetés en avant des forces. Ils peuvent repérer et suivre des hommes ou des véhicules. Ils contribuent à établir une cartographie précise des objectifs et des menaces avant toute intervention de troupes ou l'envoi de moyens aériens. En coordination avec d'autres acteurs sur le champ de bataille, ils facilitent la désignation des cibles. La caméra infrarouge permet aussi de confirmer le passage de véhicules ou d'avions en analysant les variations de température laissées sur les routes ou sur les parkings des aéroports. La 80e escadrille UAV a eu l'occasion de faire ses preuves lors de plusieurs engagements sur des théâtres d'opération extérieurs. Elle a notamment travaillé en 2005 en Bosnie dans le cadre de l'EUFOR et en 2006 en République démocratique du Congo dans le cadre de missions de maintien de la paix de la MONUC.

Les missions des B-Hunter ne sont pas uniquement militaires, il y a aussi des missions d'aide à la nation. Le 80 UAV Squadron a aussi des clients civils. Tous les ans depuis 2008, le 80 UAV Sqn est déployé au littoral, sur la base aérienne de Coxyde. C'est la mission Silent Watch, menée dans le cadre des accords de Bonn (1) concernant la surveillance des côtes, de l'espace maritime et du contrôle de la pollution. Les drones traquent les bateaux passant au large de nos côtes qui rejetteraient en mer des produits pétroliers ou chimiques depuis leurs soutes. La Belgique, au travers du travail du 80 UAV Sqn, va au-delà de la seule surveillance de la pollution dans la zone maritime qui est sous sa responsabilité, car elle exerce aussi une vigilance accrue pour toute autre activité illégale, y compris au niveau anti-terrorisme et anti-banditisme.

L'unité travaille en coopération avec le Maritiem Informatie Kruispunt ou Carrefour d'information maritime (MIK) installé à Zeebruges pour tout ce qui concerne la pollution des eaux territoriales. Les images collectées par les B-Hunter sont transmises en temps réel au MIK. Un officier de liaison du 80 UAV Sqn se trouve sur place à Zeebruges et collabore avec les marins. Il analyse avec eux les images reçues. Lorsqu'un navire est identifié avec un comportement suspect ou délictueux, le mission commander prend contact avec le MIK. Si celui-ci considère l'alerte fondée, il envoie une vedette rapide. Dans un délai d'une quinzaine de minutes, le navire est arraisonné et des policiers accompagnés par des douaniers montent à bord pour constater les faits. En cas d'infraction, un procès-verbal est établi et transmis au parquet de Bruges. Le navire est alors ramené à quai dans un port en attendant la décision de justice. Les contrevenants s'exposent à des frais importants. Il y a les frais liés au procès-verbal, la place de parking au port qui se chiffre à plusieurs milliers d'Euros par heure, les dédommagements à payer pour les retards de livraison et l'amende proprement dite. Le rôle des drones est de repérer et signaler les infractions. Le 80 UAV Sqn n'a aucune connaissance des suites données à chaque affaire.

Un moment marquant des missions Silent Watch a eu lieu le mardi 6 octobre 2015. Ce jour-là, le cargo hollandais Flinterstar, qui avait subi une avarie suite à une collision, avait finalement coulé au large de Zeebruges. Alors déployés pour une période d'un mois sur la base de Coxyde, les drones B-Hunter ont surveillé pendant toute une semaine la pollution s'échappant de l'épave en coordination avec le MIK. Il y avait 125 tonnes de diesel et 427 tonnes de fuel lourd. Les caméras des avions sans pilote ont cartographié la zone polluée et permis aux autorités de prendre les mesures appropriées pour la juguler.

De même, lorsqu'ils travaillent en collaboration avec le Département de la Nature et des Forêts, les drones permettent de dénombrer les populations de gibiers plus efficacement qu'aucun autre dispositif. Ils sont également utilisés en support des pompiers pour la détection d'incendies de forêt, comme au mois de mai 2011 dans la région des Hautes Fagnes. Après l'extinction des feux, les B-Hunter repassaient sur la zone. Ils ont ainsi, grâce à la caméra infrarouge, pu déterminer les emplacements des points chauds où le feu couvait encore sous la tourbe. Ces lieux ont donc pu être traités par les pompiers avant que l'incendie ne reprenne.

Dernièrement, les drones ont participé à la mission Vigilant Guardian. Du samedi 2 avril 2016 au vendredi 20 mai 2016, trois drones et une cinquantaines de personnels du 80 UAV Sqn ont été déployés sur l'aérodrome de Brasschaat afin d'apporter leur soutien à la police fédérale dans la surveillance de la zone portuaire d'Anvers dans le cadre de la lutte anti-terroriste (voir notre article précédent). La mission n'est que suspendue, ce qui signifie que l'unité reste en stand-by et pourrait être rappelée à tout moment au cas où l'évaluation de la menace nécessiterait à nouveau une vigilance renforcée.

Depuis, le 80 UAV Sqn à repris son rythme d'entraînement normal et va bientôt se redéployer dans le courant du mois de juin 2016 pour la mission Silent Watch. Il s'agira à nouveau d'une activité pleinement opérationnelle.




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BELGIAN AIR COMPONENT – 80 UAV SQUADRON



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Le 80 UAV Squadron


Il s'agit au départ d'une unité d'artillerie de la Force terrestre. Ses traditions remontent au dimanche 1er juillet 1951. C'est à cette date qu'est constitué le 80e Régiment d'Artillerie. De la force d'un bataillon, il se compose de deux batteries d'observation et d'une batterie d'état-major. Il reprend les traditions du Service de Repérage d’Artillerie par le son et par les lueurs (SRA). Au cours d'une cérémonie sur l'esplanade du Cinquantenaire, à Bruxelles, le vendredi 9 novembre de la même année, le Roi Baudouin remet officiellement l'étendard de l'unité à son chef de corps, le Lieutenant-colonel Knudsen. Au cours du temps, l'unité changera de dénomination en fonction des réorganisations successives au sein des forces armées. En 1969, suite à la restructuration de l'Armée belge, elle devient la 80e Batterie d'Artillerie. Vingt ans plus tard, en 1989, à la fin de la Guerre froide, suite à la fusion avec le 1er Peloton Drone de surveillance du champ de bataille (SCB), l'appellation devient Batterie d’Observation et de Surveillance 80A. C'est en 2002, après la dissolution du Peloton Topo et l'achat du B-Hunter que l'unité devient Batterie UAV 80A. L'acronyme UAV signifie Unmanned Aerial Vehicle. Finalement, c'est lorsque l'unité à été intégrée en 2004 à la Compsante Air que sa dénomination est devenue plus aéronautique. C'est celle que nous lui connaissons aujourd'hui : le 80 UAV Squadron.

A l'origine, l'unité utilisait une trentaine de drones Epervier, conçus et fabriqués en Belgique par la Manufacture belge de lampes électriques (MBLE). Ces drones belges sont restés en service de 1976 à 1999. Depuis 2002, l'unité met en œuvre les drones B-Hunter, d'abord à partir du camp d'Elsenborn, à proximité de la frontière allemande et, depuis 2011, à partir de la base aérienne de Florennes. Comme nous l'avons indiqué plus haut, c'est en 2004 que tous les aéronefs militaires belges sont passés sous la responsabilité de la Composante Air. Lorsqu'ils opéraient depuis Elsenborn, les drones étaient un peu perdus au sein de l'environnement d'unités « terrestres ». Le matériel volant leur apportait des avantages, certes, mais n'était qu'un moyen parmi d'autres et n'était pas considéré comme un atout majeur. Depuis cette zone reculée de la Belgique, les drones travaillaient comme dans un « jardin ». Depuis l'intégration au sein de la Composante Air, les choses ont évolué progressivement. Les B-Hunter ont dû se faire une place au soleil, entouré d'unités prestigieuses, d'escadrilles de chasse mettant en œuvre les avions de combat F-16. Les missions des diverses unités ne se font pas concurrence, mais il a fallu intégrer l'environnement « aérien », ses codes et ses exigences plus rigoureuses encore. Au fil des années, le 80 UAV Sqn a affiné ses procédures et a apprivoisé la troisième dimension d'une manière encore différente. Depuis Elsenborn, l'unité a acquis au fil des ans davantage d'expérience dans tous les domaines. On peut dire que l'unité a atteint sa pleine maturité au sein de la Composante Air.

Cette nouvelle orientation est, pour une large part, due au travail du Major Jean-Marc Ruaux. Précédent commandant de l'unité, il en a été le chef de corps depuis le mercredi 14 septembre 2011 jusqu'au mardi 30 juin 2015. Le Major Ruaux a dû gérer la délicate période d'intégration sur la base de Florennes. Il est aussi pilote dans le civil et cela a été un atout appréciable lorsqu'il s'est agit de faire partager ses connaissances en la matière au personnel de l'escadrille. Grâce à cela, le 80 UAV Sqn a sans doute évolué et atteint plus facilement ses nouveaux objectifs. Le Major Ruaux occupe désormais de nouvelles fonctions au sein de l'Etat-major à Evere. Son successeur, le Major Fabrice Leroy, spécialiste du renseignement et de l'imagerie, est le septième chef de corps de l'unité depuis qu'elle est équipée du B-Hunter. Il en est également le premier qui soit issu de la Composante Air. Le Major Leroy a, lui aussi, à cœur de maintenir le 80 UAV Sqn à un haut niveau de performance et de disponibilité pour les missions qui lui échoient.

Les drones décollent et atterrissent désormais quotidiennement à partir d'une base aérienne opérationnelle. Cela signifie qu'il faut s'intégrer tout d'abord au trafic aérien de la base elle-même, depuis la planification des vols jusqu'au déroulement du vol lui-même. Ensuite, il faut tenir compte des diverses zones de l'espace aérien et Florennes se trouve à proximité immédiate des couloirs aériens menant à l'aéroport de Charleroi. Il n'y a pas de place pour l'improvisation. D'ailleurs, les standard de sécurité appliqués au sein de l'unité sont aussi rigoureux que pour les chasseurs F-16. Selon l'Aviation Safety Directorate (ASD), le 80 UAV est actuellement l'unité de la base de Florennes qui a le plus haut degré de sécurité. Des comptes-rendus sont effectués après chaque vol. Le grand professionnalisme du personnel de l'unité fait que la moindre anomalie est signalée dès qu'elle est constatée. De ce fait, les drones sont des appareils sûrs, fiables et mis en œuvre par des spécialistes. Toutes les fonctions au sein de l'escadrille (pilotes, observateurs, mécaniciens, techniciens, électroniciens, etc) se renforcent mutuellement et portent l'unité vers un haut niveau d'efficacité et de responsabilité à tous les échelons.

C'est une unité qui fonctionne bien et qui, avec ses excellents états de service, a obtenu la reconnaissance de ses pairs au sein de la Composante Air, mais aussi au niveau international lors des opérations extérieures ou lors des UAV Days. Il s'agit d'une rencontre internationale au niveau européen dont l'initiative revient au 80 UAV Sqn. Les escadrilles de différents pays utilisant des drones se sont rencontrées pour la première fois en 2013 et lors d'une seconde édition en 2015. L'événement à eu lieu chaque fois à Florennes et à rassemblé des unités venues d'Allemagne, de Finlande, de France, du Grand-Duché de Luxembourg, des Pays-Bas et de Suisse. Des exercices et des conférences sur leur mode de travail respectif donnent lieu à un rapport commun. C'est encore une manière de progresser en remédiant aux points faibles et en développant les atouts des modalités de fonctionnement de chacun. Les éventuelles dispositions nouvelles qui en découlent viennent affiner encore la pratique quotidienne et le professionnalisme de l'équipe.

Le vendredi 6 septembre 2013, la Composante Air fêtait le centenaire de l'aviation militaire en Belgique. Pour célébrer cet anniversaire, un exercice combiné était organisé sur la base aérienne de Beauvechain devant les autorités civiles et militaires (voir notre article précédent). Au cours de cette démonstration d'opérations combinées, le B-Hunter 261 a réalisé une première au niveau européen. C'était la première fois qu'un drone évoluait ainsi au sein d'un dispositif complexe impliquant tous les types d'aéronefs (avions de chasse et de transport, hélicoptères de combat et hélicoptères de manœuvre) dans un espace aérien relativement limité. Les images captées par le drone au cours de l'exercice étaient retransmises en direct à l'assistance sur un écran géant. Un an plus tard, lors des Belgian Air Force Days qui se sont tenus du vendredi 12 au dimanche 14 septembre 2014 à Kleine-Brogel, une démonstration similaire a été présentée. Cette fois-ci c'est le B-Hunter 276 qui volait devant les autorités et un public de plusieurs milliers de personnes. Son rôle était alors de faire un passage au cours duquel le public était filmé et de lui envoyer l'image simultanément en direct sur des écrans. C'était la première fois qu'un B-Hunter était intégré au circuit d'un show aérien. La participation de drones à ce type de manœuvres conjointes est bien la preuve que les avions inhabités du 80 UAV Sqn ont acquis la reconnaissance des organismes de contrôle aérien tels que Belgocontrol. C'est la consécration de tout le travail accompli au sein de l'unité pour s'adapter aux standards rigoureux que requiert l'évolution dans la troisième dimension. D'autres pays utilisant des drones ne les font voler que dans des zones aériennes délimitées, tandis que les B-Hunter de Florennes s'intègrent désormais sans peine dans la circulation aérienne globale.

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Le 80 UAV Squadron est une équipe composée de cent-vingt personnes, dont les effectifs proviennent à la fois de la Composante Terre et de la Composante Air. L'unité comprend une section Opérations, une section Maintenance et une section Support. Chaque année, la vie de l'unité est rythmée par l'arrivée de nouveaux spécialistes à former, par les vols d’entraînement et les déploiements opérationnels. Tout nouvel effectif de l'escadrille doit encore à apprendre son rôle spécifique au sein de l'unité. Après la formation militaire, il reste à apprendre le métier. Le jeune arrivant est donc confié à un membre de l'équipe ayant de l'ancienneté et de l'expérience. C'est le principe du parrainage. Il faut assimiler les connaissances théoriques et pratiques. Le rôle du parrain est de guider le jeune vers la réussite. Il l'encadre pour le conduire à la maturité dans sa fonction professionnelle et sociale au sein de l'unité. Les vols d'entraînement ont lieu en fonction de la météo. Il arrive que ces vols soient mis à disposition d'un client (police, DNF, ou autre). Dans le cas contraire, le vol est axé sur un scénario ou un thème proche de celui d'une opération réelle. La zone survolée est alors scrutée et exploitée sous tous les angles pour trouver les informations recherchées. Les déploiements opérationnels se font dans le cadre de missions régulières comme Autumn Bird ou Silent Watch. Autumn Bird est le nom de l'exercice annuel mené au Portugal sur la base aérienne de Beja, dans la région de l'Alentejo, au sud du pays. L'escadrille s'y déploie tous les ans depuis 2011 en automne, période ou la météo belge devient moins propice aux vols des B-Hunter. L'unité s'y rend en deux rotations de manière à y faire participer un maximum de personnel. Depuis 2008, la mission Silent Watch occupe habituellement la période estivale. Il s'agit d'un déploiement sur la base aérienne de Coxyde à partir de laquelle les B-Hunter observent le trafic maritime en mer du Nord.

Si vous souhaitez plus d'informations concrètes, vous trouverez un stand tenu par le 80 UAV Sqn lors de la plupart des meetings aériens et autres événements publics organisés en Belgique par la Défense ou bien ceux auxquels participe la Composante Air. Le personnel de l'unité y accueille les curieux et leur explique toujours avec enthousiasme le travail de l'ensemble de l'équipe, le fonctionnement des drones et la diversité de leurs missions.


© TEXTE ET PHOTOS LUC DUJARDIN - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2016


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Photos et vidéos additionnelles - Additional pictures and videos
BELGIAN AIR COMPONENT – 80 UAV SQUADRON



English translation coming soon




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(1) Signés le lundi 9 juin 1969 par l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Norvège les Pays Bas, le Royaume Uni et Suède, les accords de Bonn mettent en place la coopération européenne en matière de lutte contre la pollution de la mer du Nord par les hydrocarbures. Le texte a été amendé et complété par l'accord de Bonn du mardi 13 septembre 1983 concernant la coopération en matière de lutte contre la pollution de la mer du Nord par les hydrocarbures et autres substances dangereuses provenant des navires, de l'exploitation des hydrocarbures et du gaz, et des autres activités maritimes. Le mercredi 24 novembre 2010, un plan d'action des accords de Bonn a été signé à Dublin par les États côtiers de la Manche et de la mer du Nord, ainsi que la Commission européenne. A cette occasion, l'Irlande s'associe aux autres pays signataires et les zones nationales de responsabilité sont redéfinies. Ainsi, la zone maritime concernée par l'Accord de Bonn double sa superficie, pour atteindre 1.586 millions de kilomètres carrés. Le plan d'action prévoit le renforcement de la coopération régionale, l'évaluation des zones à risque, la mise en application des réglementations environnementales, la préparation à une réponse rapide et efficace à la pollution, la prévention et la surveillance aérienne et par satellite de l'espace maritime.




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REMERCIEMENTS : UN TOUT GRAND MERCI A LA SECTION IPR DU 80 UAV SQN ET PLUS SPECIALEMENT A L'ADJUDANT MICHEL RAK POUR SES QUALITES DE LECTEUR PATIENT ET ATTENTIF. MERCI EGALEMENT A L'EQUIPE DE COMOPSAIR-IPR POUR L'AIDE APPORTEE A LA REDACTION DE CET ARTICLE.