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© TEXTE ET PHOTOS LUC DUJARDIN - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2017
PHOTOS LAURENT CUVELIER - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2017


Le meeting aérien international qui s'est déroulé sur la base aérienne de Florennes du samedi 25 au dimanche 26 juin 2016 a été un événement important. Il s'agissait tout d'abord d'un moment privilégié pour la Composante Air pour se rapprocher du grand public, pour montrer la qualité et l'étendue de son savoir-faire tout en présentant avions et matériels en service actuellement. En Belgique, la formule est d'organiser une fois tous les deux ans un grand meeting aérien d'importance internationale. Ces grandes manifestations sont baptisées Belgian Air Force Days. L'édition 2016 à Florennes était un petit peu plus que cela, car il s'agissait aussi de marquer le septantième anniversaire de la Force aérienne (rebaptisée Composante Air en 2004, mais aussi le septante-cinquième anniversaire de la 350e escadrille et, enfin, vingt ans d'opérations extérieures pour les F-16.




Trois anniversaires, trois expositions


A l'occasion de ces jubilés, une grande exposition retraçant l'histoire de la Composante Air était accessible au public dans une hangarette entièrement transformée en musée et où trônait majestueusement le Spitfire du Mémorial Spitfire, déplacé provisoirement pour ce grand événement. L'avion était posé sur une moquette extraordinaire représentant une vue aérienne d'aérodrome, avec piste, taxiways, hangars inclus dans un paysage avec prairies, villages et bosquets. Nul doute que, parmi les visiteurs, certains passionnés auront trouvé là une idée de décoration originale à transposer à domicile. Les grandes étapes de l'histoire de l'aviation militaire depuis la Seconde Guerre mondiale étaient expliquées aux visiteurs sur des panneaux disposés sur tout le pourtour du hangar. Cette élégante ligne du temps était illustrée de superbes photos des divers types d'aéronefs successivement mis en service. Dans des vitrines, on pouvait voir des uniformes, des équipements de vols anciens et modernes et des modèles réduits.

Une deuxième hangarette abritait une exposition retraçant l'histoire de la 350e escadrille depuis sa création en 1941 en tant qu'escadrille belge au sein de la Royal Air Force britannique. Le fleuron de cette exposition était sans conteste le F-16 codé FA-129 porteur d'une décoration spéciale imaginée par le graphiste Bruno Ghils à qui l'on devait également le superbe design du F-16 FA-84 lorsqu'il était affecté au F-16 Solo Display Team de 2012 à 2014. Mais revenons à l'exposition. Là aussi, panneaux historiques, photos d'archives, équipements de vol et modèles réduits expliquaient au public le rôle et le travail des pilotes de chasse depuis la création de l'escadrille jusqu'à nos jours. Les pilotes de l'escadrille se relayaient d'ailleurs au stand et répondaient avec sympathie à toutes les questions que le public pouvait se poser.

Pour plus d'informations concernant la 350e escadrille et l'histoire de ses origines, on se réfèrera à nos articles précédents ONCE UPON A TIME... SPITFIRE MH434 ainsi que 350 SQUADRON MEMORIAL FLIGHT

Enfin, une troisième exposition était consacrée aux opérations extérieures effectuées par nos F-16 depuis vingt ans. Un F-16 et une panoplie d'emports externes étaient abrités dans une autre hangarette. Y étaient montrés et expliqués en termes simples les divers déploiements de nos avions de combat. Depuis la chute du mur de Berlin et la première Guerre du Golfe, l'OTAN et la Belgique ont révisé leurs procédures de réaction rapide non seulement au sein de la zone OTAN, mais également en réponse à des crises qui interviendraient en dehors. Commandés en 1975, les premiers F-16 sont arrivés en 1979, faisant de la Belgique le premier pays au monde à mettre en oeuvre ce nouvel intercepteur aux commandes de vol électriques. Le 2 janvier 1981, la 349 escadrille a été la toute première unité de l'OTAN a être opérationnelle sur cet avion, avant même les unités de l'U.S. Air Force. Cent-seize appareils constituaient le contenu du premier contrat incluant nonante-six monoplaces F-16A et vingt biplaces F-16B. Quarante-quatre autres (quarante monoplaces et 4 biplaces) furent acquis sur la base d'un second contrat signé en 1983 pour pourvoir au remplacement des Mirage V. Ces avions-là entrèrent en service entre 1987 et 1991. Au total, la Belgique a donc acquis cent-soixante F-16. Au fil des ans, la Composante Air eut à déplorer la perte de trente-sept appareils lors d'accidents qui causèrent le décès de quatorze pilotes. Le dernier cas d'accident remonte au 16 août 2012, lorsque le F-16 codé FA-99 s'était écrasé suite à une collision avec des oiseaux lors de la phase d'atterrissage à Kleine-Brogel. Le pilote s'était éjecté avec succès.

Après le programme de modernisation à mi-vie de nonante avions lors du programme Mid-Life Update (MLU) initié en 1989 et terminé en 1997, la Belgique n'a pas cessé de compléter l'équipement de ses F-16. En 1996 l'avion a ainsi reçu un système de détection radar Carapace et, en 1998, la Belgique a décidé l'acquisition de nacelles de contre-mesures électroniques AN/ALQ-131. Bien qu'il y ait eu des tentatives d'engagement au-dessus des Balkans à partir de 1993, on considère généralement que c'est à partir de 1995, avec l'adjonction de ces systèmes, que le F-16 a pu être pleinement disponible pour faire partie intégrante d'une force militaire expéditionnaire avec des standards technologiques équivalents à ceux de nos alliés.

Des ajustements du logiciel MLU qui dirige le système d'armes des avions ont encore eu lieu. L'avion peut emporter des nacelles pour la désignation laser des cibles au sol et le guidage des armements de précision (pods SNIPER et LANTIRN acquis en 2000). Entre 2003 et 2005 les F-16 ont en outre reçu la capacité Link 16 qui permet l'échange de données tactiques en vol. Les équipages peuvent exécuter des missions de nuit avec des jumelles de vision nocturnes. En février 2009, le casque de combat JHMCS (Joint Helmet Mounted Cueing System) est entré en dotation. Il permet au pilote de désigner et verrouiller des cibles là où il porte le regard. Cela est rendu possible grâce à la projection des paramètres de vol et du système d'armes sur la visière, directement sous les yeux du pilote. Entre 2011 et 2014, la version M6.1 du logiciel MLU a été implémentée au parc des F-16 belges. Elle apporte des améliorations à l'IFF (Identification Friend or Foe) et permet le tir de nouvelles munitions. Les F-16 belges sont capable de tirer une large gamme d'armement air-air (AIM-9, AIM-120D AMRAAM) ou air-sol (Missiles AGM-65, bombes GBU-45 LJDAM ou GBU-39 à guidage GPS ou à guidage laser, etc). Ces armements modernes et performants sont aux mêmes standards que celui de nos alliés de l'OTAN.

A l'heure actuelle, suite aux politiques successives d'économie dans le secteur de la défense la Belgique continue à mettre en oeuvre une soixantaine de F-16 (quarante-cinq monoplaces et 9 biplaces auxquels s'ajoutent cinq machines de réserve). Ils opèrent au sein du 2e Wing tactique à Florennes (1re et 350e escadrilles) et du 10e Wing tactique à Kleine-Brogel (31e et 349e escadrilles ainsi que l'unité d'écolage Opertional Conversion Unit). Au cours de leur évolution, les F-16 belges ont été dans certains cas les premiers à mettre en oeuvre les modernisations technologiques les plus récentes. Depuis 1996, ils ont été engagés à diverses reprises sur des théâtres d'opérations aussi variés que la Bosnie-Herzégovine, la Lybie, l'Afghanistan, l'Irak, etc. Le savoir-faire des pilotes belges est reconnu internationalement. Au fil du temps et des expériences acquises, le F-16 est devenu un outil de plus en plus affûté dont l'évolution s'est adaptée aux nouveaux défis imposés par les enjeux complexes des relations internationales et les décisions de la diplomatie belge.




Deux publications de référence


Il était possible lors de ces deux jours d'acquérir en primeur le livre écrit par notre confrère Daniel Brackx en collaboration avec le service des relations publiques de la Composante Air et les photographes militaires pour célébrer ces sept décennies. L'ouvrage est constitué en réalité de deux volumes vendus ensemble. Le premier tome retrace l'histoire proprement dite, mais en mettant l'accent sur les engagements opérationnels, tandis que la seconde partie fait le point sur les capacités et les matériels actuels. Les F-16 sont polyvalents et accomplissent avec succès tout type de mission, qu'il s'agisse de défense aérienne, d'appui des troupes au sol, de bombardement d'objectifs terrestres ou de reconnaissance. Mais le livre s'intéresse aussi aux enjeux qui se dessinent pour le futur de l'outil militaire dans la troisième dimension.

Puisqu'il est question de livres, il faut aussi souligner que ce week-end vit également la sortie de presse du livre de notre confrère Benoit Denet. Son ouvrage arrive à point nommé pour célébrer les vingts ans d'opérations de F-16 à l'étranger. Ce livre s'impose d'emblée comme un travail incontournable pour tout passionné d'aviation militaire. Il s'agit rien moins que d'expliquer quelles furent les implications belges dans les opérations militaires internationales en Afghanistan. C'est la première fois qu'un livre évoque des missions récentes en se basant essentiellement sur les témoignages des pilotes et autres personnels déployés en Afghanistan. Ces récits uniques et intenses font toute la richesse de ce livre exceptionnel .

BRACKX (Daniel), Belgian Air Force The Past 70 Years. The Significance of Belgian Flying Forces in Global Missions, préf. Frederik Vansina, Bruxelles, Comopsair-Défense, 2016, 124 p.

BRACKX (Daniel), Belgian Air Force Present & Future. The Significance of Belgian Flying Forces in Global Missions, préf. Frederik Vansina, Bruxelles, Comopsair-Défense, 2016, 178 p.
IIIIIIIII

DENET (Benoît), Les « Faucons » belges au-dessus de l'Afghanistan Récits des opérations des F-16 dans le théâtre afghan, s.l., à compte d'auteur, 2017, 170 p.
(voir notre article précédent LES FAUCONS BELGES AU-DESSUS DE L'AFGHANISTAN)




Un grand événement public


La météo de ce dernier week-end de juin n'était pas exceptionnelle. Les jours précédents avaient vu de longues périodes pluvieuses et le week-end était enfin plus sec et venteux. Mais avec des épisodes d'averses parfois violentes comme le samedi matin ou bien le bel orage du dimanche soir. Il y a eu brumes et pluie, mais aussi principalement du temps sec et aussi de belles périodes ensoleillées. Bref, rien de figé et un défi permanent pour les photographes avec une luminosité très changeante.

Le Général-major aviateur Thierry Dupont qui, jusqu'au 16 juin 2016, était colonel et chef de corps de la base aérienne de Florennes nous a dit combien l'organisation d'un tel événement est un travail de longue haleine s'étendant sur plusieurs mois. Après l'événement, la presse a beaucoup parlé des problèmes d'accès pour le public. Il faut savoir que les intempéries répétées des jours précédents avaient détrempé les sols. Tant et si bien que les prairies prévues pour accueillir les véhicules des visiteurs n'ont pas pu être toutes ouvertes. La moitié des surfaces de parkings ont été rendues totalement inaptes à remplir ce rôle. Ces prairies n'ont donc pas été utilisées. Malgré cela, la boue a tout de même rendu le retour de certains beaucoup plus problématique.

Comme il s'agit d'un grand événement susceptible d'accueillir beaucoup de monde, la sécurité avait été prévue en conséquence. Un vaste dispositif a été mis en place, à la fois discret et efficace. La partie la plus visible est sans nul doute le contrôle des accès avec fouille des sacs par des équipes cynophiles. Certes, certains vous diront que cela ralentit l'accès du public, mais les équipes ont été renforcées le dimanche pour accélérer la cadence, sans pour cela négliger les précautions. Pourtant, ce passage obligé n'a pas entamé la bonne humeur du public. Bien au contraire, ces quelques moments d'attente étaient plutôt l'occasion d'échanges et de conversations amusées, parfois même avec les militaires en poste à l'entrée, mais sans que leur vigilance ne se relâche pour autant.

Et le public est venu nombreux. La foule affluait vers l'entrée de la base aérienne déjà tôt le matin. Il y avait toutes sortes de gens, passionnés, spotters, photographes, familles avec enfants, des jeunes gens et des personnes plus âgées, tous rassemblés par une fascination du monde de l'aviation ou, à tout le moins, désireuses de voir le spectacle qui allait se dérouler dans les airs. Les avions qui figuraient en exposition statique étaient alignés sur la piste parallèle et bordés, du côté sud, par les stands des nombreux exposants. Durant tout le week-end, toute cette zone a été noire de monde.

Notons que la météo incertaine n'a pas été un obstacle pour le public présent. Dès le vendredi matin, les spotters étaient déjà nombreux au bord de la piste à attendre que le brouillard se lève pour permettre les mouvements des aéronefs. Lorsque la visibilité horizontale a été suffisante pour permettre les décollages et les atterrissages en toute sécurité, la base a commencé à s'animer au son des réacteurs, des rotors, des turbines ou des pistons. Il était impressionnant, par exemple, d'entendre sans la voir la répétition du F-16 Solo Display belge se dérouler au-dessus de la brume qui traînait encore au sol. Le F-16 devait être bas, mais cependant au-dessus du banc de nuages encore collés à la plaine de Juzaine. Mais il demeurait invisible aux regards. Le grondement sourd de la post-combustion poussée à fond était assourdissant. On percevait les évolutions aux variations du son du réacteur selon l'éloignement ou le rapprochement, l'altitude ou les actions du pilotes sur la manette des gaz. Le public a ainsi assisté en aveugle à une sorte de vol de présentation invisible. Une expérience auditive pour le moins originale.

Une petite déception a été exprimée par les spotters : le passage trop discret à leur goût, des F-4 Phantom II turcs. Les deux avions participaient à l'exposition statique et sont arrivés le jeudi, c'est à dire avant le spottersday du vendredi 24 juin et sont repartis le mardi, soit après le spottersday du lundi. Peu de photographes auront donc eu la chance de les voir en vol. Il faut savoir que les Phantom se font de moins en moins nombreux. De conception américaine, ce chasseur de deuxième génération a connu son heure de gloire durant la guerre du Vietnam. Les derniers appareils qui volaient encore aux Etats-Unis servaient de drones pilotés (QF-4) sur la base de Holloman au Nouveau-Mexique et ont été retiré définitivement de l'inventaire de l'U.S. Air Force le mercredi 21 décembre 2016. Plus près de chez nous, les F-4F qui équipaient les unités de la Bundes Luftwaffe allemande avaient été retirés du service le samedi 29 juin 2013. Actuellement en 2017, le Phantom II est donc devenu un avion rare. Il vole encore en Grèce au sein des 337 Squadron (F-4E) et 348 Tactical Reconnaissance Squadron (RF-4E) du 110 Combat Wing sur la base aérienne de Larissa, en Thessalie. En Turquie, depuis la dissolution pour raison d'économies du 112 Filo en 2015, le Phantom II n'est plus en service qu'au sein du 111 Filo (F-4E) basé à Eskisehir, dans la province du même nom au nord-ouest du pays. Au Japon, le Phantom II équipe trois escadrilles de la Japan Air Self-Defense Force. Les 301 et 302 Hikotai utilisent des F-4EJ tandis que le 501 Hikotai met en oeuvre des RF-4EJ. Ces trois unités sont basées à Hyakuri, au nord-est de Tokyo.




Visite royale


Samedi, le public situé à l'est de la zone de l'exposition statique a pu voir arriver un groupe en provenance de l'espace VIP se rendre à pied près des avions. Il s'agissait de Sa Majesté le Roi Philippe de Belgique et des Princes Gabriel et Emmanuel, accompagnés par le Général-major aviateur Frederik Vansina, commandant de la Composante Air et du Colonel aviateur Didier Polomé, le nouveau commandant de la base de Florennes et chef de corps du 2e Wing tactique. Le Roi Philippe a salué les pilotes et mécaniciens de la patrouilles acrobatique belge Red Devils au retour de leur vol de démonstration. Cette visite royale n'ayant aucun caractère officiel et conformément au souhait exprimé par le roi, également relayé par les services du palais, nous ne publierons pas dans ces pages de photos du roi ni de ses enfants.

Nous rappellerons néanmoins que le roi a toujours été intéressé par l'aviation. Il a lui même été pilote militaire. Au terme de sa formation à l'Ecole royale militaire (118e promotion Toutes Armes), il a débuté en 1981 le cursus de pilote militaire et a reçu ses ailes à Brustem le vendredi 9 juillet 1982 (Promotion 80A) avant de suivre la conversion sur Mirage V et d'obtenir le brevet supérieur de pilote de pilote de chasse à Bierset en octobre de la même année. Le Roi Philippe est en outre un pilote d'hélicoptère expérimenté et a d'ailleurs possédé son propre Robinson Raven.

Mais revenons à ce samedi de meeting aérien à Florennes. Les princes ont pu monter à bord d'un avion et découvrir le cockpit du Marchetti. Pendant ce temps, le roi se déplaçait autour du Marchetti et un observateur attentif aura pu remarquer que le roi se comportait là en véritable professionnel de l'air. Il était en train de faire une visite prévol, répétant les gestes acquis au cours de sa formation de pilote à l'Ecole de pilotage élémentaire (EPE) de Gossoncourt. Cela fait partie des réflexes qu'un pilote n'oublie pas. Le roi a ainsi fait le tour du Marchetti, les mains et le regard parcourant l'avion, inspectant les ailes, les gouvernes, les réservoirs de bout d'ailes comme n'importe quel pilote opérationnel. Ce fut là un très beau moment de pure aviation !




Une belle météo humide


Dimanche soir, à l'approche d'une averse orageuse, le ciel s'est assombri et, venant du nord, des nuages sombres très tourmentés ont recouvert progressivement la base aérienne. La lumière à fait place à l'ombre, mais les nuages étaient somptueux avec des couleurs comportant mille nuances de la palette des noirs, des gris ou des bleus. Juste avant l'averse, et malgré un vent soutenu, les parachutistes des RAF Falcons ont sauté et fait leur démonstration impeccablement synchronisée, montrant leur haut niveau de professionnalisme et la précision de leur travail. Puis vint l'averse. Violente. La pluie battante a fait refluer le public vers des endroits abrités. Quelques minutes plus tard, la pluie s'est arrêtée aussi soudainement qu'elle s'était mise à tomber. Le soleil a percé à nouveau et, avec le retour de la lumière, la peau ruisselante des fuselages s'est illuminée de couleurs vives. Spectacle bref, mais somptueux.

Certains vous diront qu'ils déplorent de voir un ciel nuageux et une météo plutôt humide lorsqu'il s'agit de passer la journée dehors pour aller voir voler des avions. Certes c'est moins agréable et moins confortable qu'un temps clair et ensoleillé, mais c'est aller un peu vite en besogne, car c'est oublier tout ce qu'il y a de positif et de spectaculaire à de telles conditions météorologiques. En effet, c'est précisément l'humidité de l'air qui permet de voir se matérialiser de magnifiques vortex en bout d'ailes ou d'impressionnantes bouffées de condensation autour des avions lors d'évolutions rapides ou sous facteur de charge élevé. Lors de certaines manœuvres, l'humidité de l'air se condense en raison de l'augmentation de pression de l'air s'écoulant autour de l'avion. Les ailes dessinent alors les trajectoires sur le ciel en de superbes et fugaces arabesques. Ou alors c'est l'impression forte laissée par la vision d'un nuage supplémentaire qui jaillit de nulle part et enveloppe l'avion lors d'un passage rapide. C'est encore le spectacle d'une bouffée vaporeuse qui s'accroche aux ailes, puis les abandonne après une courte mais intense lutte pendant toute la durée d'un virage serré.

Un autre avantage des ciels sombres est de rendre beaucoup plus visibles les flammes sortant des tuyères lorsque la post-combustion est enclenchée. Certains avions tirent alors derrière eux un panache enflammé de plusieurs mètres, presque aussi long qu'eux. Selon les types de réacteurs, les flammes ont des couleurs différentes. Celles des Typhoon sont jaunes et celles des F-16 sont plus orangées que celles, plus rouges, des Mirage 2000, tandis que les Tornado ou les F/A-18 s'irisent également de belles flammèches bleutées.




Spectacle aérien


Comme toujours lors de manifestations aéronautiques de ce genre, il est possible pour le public de voir beaucoup de choses : avions, hélicoptères, expositions, stands spécialisés. C'est aussi un lieu privilégié de rencontres et d'échanges entre passionnés par l'aviation. Il est même possible de s'entretenir avec les pilotes présents aux stands de leur unité ou se promenant dans la zone publique. Toujours accueillants, ils donnent des informations ou des explications claires, notamment à destinations des plus jeunes qui les interrogent. Qui sait s'il n'y a pas là des vocations en devenir ?

Etaient également présents en vol ou au sol, tous les avions de combat en compétition commerciale pour remporter le marché de la succession des F-16 belges. Seul le F-35 de Lockheed Martin n'était présent que sous la forme d'un maquette statique grandeur nature. La firme suédoise Saab exposait également une maquette du JAS 39 Gripen, mais il était possible de voir l'avion en vol sous les couleurs suédoises ou tchèques. Le Consortium Eurofighter présentait son avion, le Typhoon, par l'intermédiaire des appareils de la Royal Air Force ou de l'Aeronautica Miltare Italiana. Le Rafale était présenté en vol par le Capitaine Jean-Guillaume « Marty » Martinez, pilote de présentation solo de l'Armée de l'Air française. Enfin, le F/A-18 était présenté en vol devant le public belge par des avions des Forces aériennes suisses et de l'Ejército del Aire espagnole. Les stands de chacun des industriels (Dassault, Eurofighter, Lockheed Martin et Saab) ont eu beaucoup de succès, notamment en raison des posters, casquettes et autres cadeaux qui étaient abondamment distribués au public. Il y avait aussi, sans doute, au sein de l'espace VIP des représentants des diverses firmes aéronautiques et des responsables civils, militaires ou politiques concernés par l'appel d'offre lancé par le gouvernement belge pour le remplacement des F-16. Bien loin des bureaux ou des cabinets, ils venaient eux aussi jouir du spectacle du meeting aérien.

Il y eu des moments remarquables de spectacle aérien, comme le passage à basse altitude et le touch and go d'un Airbus A400M, successeur désigné des C-130H de la Composante Air belge. Mais aussi cette séquence plus nostalgique avec une formation de trois SV-4 à la livrée orange portant les marquages de l'Ecole de pilotage élémentaire (EPE) de Gossoncourt. Ou encore cette formation des quatre Marchetti des Red Devils menée par le Fouga Magister MT-5. Cet appareil est d'ailleurs un authentique vétéran de la patrouille des Diables rouges. Il avait été retiré du service en 1979 et vendu à Israël Aerospace Industries (IAI), puis avait été acheté en 1989 par un Américain qui l'avait remis complètement en état avec des moteurs quasiment neufs et l'avait fait repeindre dans ses couleurs belges d'origine. Depuis lors, cet avion a été acquis en 2015 par des Belges et il vole désormais à nouveau dans les cieux du Plat Pays depuis l'aérodrome de Deurne, dans la banlieue d'Anvers.

Ces quelques exemples pour vous dire que les Belgian Air Force Days 2016 proposaient énormément de choses à voir. Bien trop pour avoir le temps de tout voir. Bien trop aussi pour pouvoir tout vous raconter. C'est pourquoi nous ne prétendons pas vous en faire ici une présentation absolument exhaustive, ni vous montrer tous les aéronefs présents. Nous avons plutôt choisi de rendre compte de l'atmosphère de ce grand week-end aéronautique.


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Photos additionnelles - Additional pictures
Laurent CUVELIER
Special Thanks to Michael HAPPE

English translation coming soon

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PHOTOS LAURENT CUVELIER - AVIATION & PHOTOGRAPHIE 2017





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BELGIAN AIR FORCE DAYS 2016
PARTICIPANTS
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IIIIIIIII Alouette III – Belgian Air Component
IIIIIIIII Alpha Jet – Belgian Air Component
IIIIIIIII C-130H Hercules – Belgian Air Component
IIIIIIIII Embraer ERJ-145 – Belgian Air Component
IIIIIIIII F-16 Solo Display – Belgian Air Component
IIIIIIIII NH-90 NFH – Belgian Air Component
IIIIIIIII NH-90 TTH – Belgian Air Component
IIIIIIIII SF-260M+ Marchetti (Red Devils) - Belgian Air Component

AH-64D Apache Demo Team – Royal Netherlands Air Force
Airbus A400M
Alpha Jet (Patrouille de France) – French Air Force
B-25 Mitchell – Royal Netherlands Air Force Historical Flight
Blackshape Prime BS100 (Blackshape Prime Team) – Royal Netherlands Air Force
C-27J Spartan – Italian Air Force
CH-47D Chinook – Royal Netherlands Air Force
DHC-1 Chipmunk – Belgium
E-3A Sentry (AWACS) – NATO
Embraer 121 Xingu – French Air Force
Eurofighter Typhoon – Italian Air Force
Eurofighter Typhoon – Royal Air Force
F-15E Strike Eagle – U.S. Air Force
F-16 – Portuguese Air Force
F-16 – Royal Danish Air Force
F-16 Zeus Demo Team – Greek Air Force
F-4E Phantom II – Turkish Air Force
F/A-18 Hornet – Spanish Air Force
F/A-18 Hornet – Swiss Air Force
Hawk T1 (Red Arrows) – Royal Air Force
Mi-17 Hip – Slovak Air Force
MiG-29 Fulcrum – Polish Air Force
MiG-29 Fulcrum – Slovak Air Force
Mirage 2000N (Ramex Delta) – French Air Force
P-51 Mustang – Belgium
PC-7 Turbo Trainer – Austrian Air Force
Piper PA-28 Cherokee (The Victors) – Belgium
Rafale Solo Display – French Air Force
Royal Air Force Falcons (Skydivers) – Royal Air Force
Saab JAS 39C Gripen – Czech Air Force
Saab JAS 39C Gripen – Swedish Air Force
Spirfire Mk IX – Royal Netherlands Air Force Historical Flight
Spitfire Mk IXB – The Old Flying Machine Company (UK)
Super Constellation – Breitling
SV-4 – Belgium
T-28B Trojan – Belgium
T-6 Harvard – Belgium

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  • FLYING DISPLAY - BAF DAYS 2016

    179 photos

    Les nombreuses démonstrations en vol ont assuré, tout au long du week-end, un spectacle de très grande qualité. De nombreux avions, anciens et modernes, étaient présents. Et la météo a permis toutes les ambiances photographiques.

  • BLACK & WHITE - BAF DAYS 2016

    24 photos

    Le spectacle aérien était haut en couleurs. Cela n'empêche pas de vous proposer ici quelques images en noir et blanc (mais pas uniquement)... Un autre point de vue...

  • Belgian Air Force Days 2016 Belgian Air Force Days 2016
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REMERCIEMENTS A TOUTE L’EQUIPE DE COMOPSAIR-IPR POUR LES FACILITES ACCORDEES ET A TOUT LE PERSONNEL DE LA BASE AERIENNE DE FLORENNES DONT LE TRAVAIL, DURANT CES QUATRE JOURS, A PERMIS UN SPECTACLE AERIEN DE TRES HAUT NIVEAU.